Les agents pénitentiaires « au bord de la rupture »

Le syndicat Ufap-Unsa entend mener des actions dès la semaine prochaine et envisage d’engager une procédure judiciaire à l’encontre de la direction du centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly.

Les agents du centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly accumulent les heures supplémentaires au détriment de leur santé, d’après René Polydore, secrétaire général de l’Ufap-Unsa Guyane. « Il y a eu trois cas d’accident vasculaire cérébral, c’est à associer au présentéisme » , pense-t-il. En un mois, plus de 4 000 heures supplémentaires seraient dénombrées, et plus de 50 000 par an. Au lieu de travailler soit de 7 heures à 13 heures, soit de 13 heures à 19 heures, un même agent serait contraint de travailler de 7 heures à 19 heures. « Même si des agents veulent faire des heures supplémentaires, la direction doit les limiter pour les protéger » , insiste René Polydore. Selon lui, l’administration ne tient pas ses engagements en terme d’effectif.
UN FONCTIONNEMENT EN SOUS-EFFECTIF
Chiffres à l’appui, il indique que 178 agents sont affectés au centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly alors que l’administration aurait calculé que l’établissement devrait avoir 190 agents pour fonctionner. Le syndicat Ufap-Unsa ne comprend pas que l’établissement puisse fonctionner en sous-effectif alors que les conditions de travail sont difficiles. Les cellules sont surpeuplées. « Imaginez, quatre détenus doivent cohabiter dans une cellule de 12 m2 dont les toilettes sont à l’intérieur » , décrit René Polydore. « Il faut que les agents aient le temps de se reposer pour pouvoir gérer un tel environnement » , ajoute-t-il. Selon l’observatoire international des prisons, au 1er juin 2017, le centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly avait une capacité de 613 places et 855 détenus étaient enfermés dans l’établissement.
Le syndicat Ufap-Unsa a demandé au Comité d’hygiène et de sécurité départemental de statuer sur les conditions de travail. Il est également en train de démarcher un avocat pour « traduire devant le tribunal la responsabilité de la direction » . « Des contacts sont pris pour que dès la semaine prochaine des modalités d’actions soient définies » , est-il écrit dans le communiqué. Le syndicat s’est notamment rapproché du collectif Pou Lagwiyann dékolé et des 500 Frères.
Contacté hier, le directeur du centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly, Henri-Michel Pene, se disait prêt à communiquer à condition que la direction interrégionale l’y autorise. Nous n’avons pas eu de retour avant que l’édition soit mise sous presse.

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