Un gardien de prison reçoit de l’huile brûlante sur le visage

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Ce lundi, à l’ouverture de sa cellule, un détenu du centre de détention de Toul a jeté de l’huile bouillante au visage d’un surveillant. Brûlé au second degré, le gardien n’aurait pas été visé personnellement.

Crachats, insultes, intimidations. Les surveillants de prison disent connaître ça au quotidien. L’huile bouillante peut aussi faire partie du lot de menaces proférées, sans passage à l’acte pour autant. Il n’empêche, en mars, un élève gardien en a été victime à Aiton, en Savoie. Ce lundi, c’est un surveillant du centre de détention de Toul qui a connu le même sort.

A 13 h 15, ouvrant la porte des cellules de cet établissement comme il l’a fait des milliers de fois en dix ans de carrière, Alain a reçu une casserole d’huile bouillante en plein visage. Premier réflexe : il a refermé la porte pour cloisonner l’individu et l’empêcher de nuire à nouveau. Il a ensuite porté la main à ses lèvres pour tenter d’atténuer la brûlure, puis a donné l’alerte. Une caméra-vidéo a filmé la scène.

« J’ai couru m’asperger d’eau. Un collègue m’a dit d’aller à l’infirmerie où le médecin m’a pris en charge. Il m’a aiguillé vers mon médecin traitant. » Verdict ? Alain est brûlé au second degré dans la partie basse de son visage, principalement au niveau de la bouche.

Vingt-quatre heures après l’agression, ses blessures enduites d’une épaisse couche de vaseline et de pommade antiseptique le démangent et le brûlent toujours. Ses yeux ont heureusement été épargnés. Son médecin l’a arrêté dans un premier temps jusqu’au 28 août, mais il ne sera pas guéri pour autant.

Empêcher que ça se reproduise

Au sortir du commissariat de Toul où il est allé porter plainte, épaulé par deux collègues syndicalistes, Alain se montre fort et veut témoigner pour faire bouger l’administration. Empêcher qu’un tel acte se reproduise. Si le centre de détention de Toul ne connaît pas de carence d’effectif, l’heure de son agression correspond tout de même « au moment où on est le moins nombreux dans le bâtiment ».

Ses collègues à ses côtés parlent de séquelles psychologiques. Lui, opine en disant que « ça remet beaucoup de chose en cause », « Ça soulève des questions et des craintes ». Stoïque malgré ses blessures, il dit « espérer avoir le courage de reprendre ». « La gratuité de l’acte est odieuse », souffle l’un de ses collègues. « L’établissement ne s’en sort pas indemne ! »

L’agresseur n’avait aucun grief particulier contre Alain. « On a même discuté ensemble le matin même ! Ça aurait pu être n’importe qui… Ce n’était pas moi qui étais visé à titre perso, mais l’institution. »

L’agresseur, d’une nature plutôt effacée, a été placé au quartier disciplinaire et va passer en conseil de discipline. Son transfert devrait suivre. Quant à l’enquête, elle repose sur les épaules des policiers du commissariat de Toul. Alain, lui, devra passer une visite médicale pratiquée par un médecin légiste. Puis se reconstruire.

Stéphanie MANSUY

Source: L’est Républicain 

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