Metz-Queuleu : un député aux portes du pénitencier

Visite surprise, hier, à la maison d’arrêt de Metz-Queuleu, où le député En marche de Moselle, Belkhir Belhaddad, a débarqué en s’annonçant une heure avant. Les agents ont apprécié… la visite inopinée.

La cellule n’est plus que murs noircis et squelettes carbonisés de mobilier spartiate. L’odeur âcre d’un matelas incendié imprègne encore l’atmosphère du quartier des hommes. « C’est arrivé jeudi matin, raconte Lionel, un des huit officiers de la maison d’arrêt de Metz-Queuleu. Heureusement, le détenu est indemne. »

Planté dans l’embrasure de la porte, Belkhir Belhaddad est médusé. Le député LREM de Moselle n’a pas fait le déplacement pour rien. Hier matin, il a débarqué sans trop crié gare et comme la loi l’y autorise, dans l’établissement blindé de 500 détenus. Et ce dernier fait divers interpelle le parlementaire messin : « Mais ils ont des briquets en cellule ? Le détenu est où ? »

Gros problèmes psychologiques

Direction le quartier disciplinaire, une grille plus loin. Les agents font cordon de sécurité . « On est bien content que vous débarquiez comme ça ! Vous constatez vous-même un réel souci. » Ce gardien regrette une situation qui dépasse l’ensemble du personnel pénitentiaire, la direction comprise, incarnée par Katia Tiberi et Babacar Dieye. « Nous sommes confrontés ici à un cas présentant de gros problèmes psychologiques, qui n’est donc pas à sa place alors qu’il tourne dans les prisons depuis des années ! » L’adjoint numéro un annonce : « Ce public, c’est 10 % des détenus. Ça pose problème à tout le monde. » Avant la cellule calcinée, il y avait eu la visite des parloirs. « Trop ouverts, estime Farid. Peu adaptés. Trois visiteurs maxi plus le prisonnier dans chaque box et ça peut vite dégénérer. » Le député note. Des sujets en particulier le préoccupent : la réinsertion, la radicalisation, la surpopulation carcérale. Metz-Queuleu compte une centaine de personnes de trop.

Rien de catastrophique. Fabienne relativise. Elle a été gardienne à Fresnes avant d’arriver à Metz il y a dix ans, alors Metz… « J’ai connu bien pire, assure-t-elle en levant les sourcils. Elle est la « maman » des filles en cellule et elle apprécie de faire découvrir tous ces ateliers, au rez-de-chaussée, qui occupent les esprits et les corps. La salle de sport, les machines à bois, le travail des palettes, les salles de cours repeintes, les couloirs tagués. Vrai que cette maison d‘arrêt est loin de susciter les haut-le-cœur, malgré ses quarante piges. Et l’ambiance est plutôt bonne entre collègues.

40 postes supplémentaires

La direction est nouvelle : « La meilleure depuis des années ! », assurent spontanément et de concert Karim et Anthony. Un autre officier annonce la création imminente de quatorze postes supplémentaires. « Ceux qu’il nous manque. Pour le reste, on est dans des problèmes de structure, avec des conflits récurrents, des altercations souvent liées aux stups. On ne sera jamais de trop. »

Belkhir Belhaddad n’a pas retrouvé sa sérénité : « Les postes clés restent peu sécurisés. Et cette fouille au corps systématique qui a disparu. Ça aussi, c’est dangereux », souligne-t-il encore.

Saada SEBAOUI

Source : Le République Lorrain

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