Rennes. Vent de colère à la prison des femmes

Les surveillantes du Centre pénitentiaire des femmes, à Rennes, se mobiliseront ce jeudi matin devant le bâtiment pour dénoncer « la violence des détenues » et « le laxisme » de leur direction.

L’hématome sous l’œil droit de Justine (*)  tourne au violacé. Un coup de poing envoyé par une mineure condamnée pour des faits de violence. C’était vendredi dernier. La jeune surveillante, entraînée aux sports de combat, encaisse et maîtrise la détenue rapidement, en essuyant au passage un crachat sur son uniforme.

« C’est la première fois que je me fais agresser », confie la gardienne de prison. Elle travaille depuis quatre ans au Centre pénitentiaire de Rennes, le seul en France exclusivement réservé aux femmes. Elles sont 200 à y être incarcérées.

Quatre jours auparavant, les collègues surveillantes ont aussi frôlé la catastrophe. Dans la nuit, deux détenues défoncent les portes de leur cellule respective. L’une se réfugie chez l’autre. A cette heure tardive, le personnel est restreint : il faut l’intervention musclée d’une équipe régionale spécialisée pour les maîtriser.

Sentiment d’impunité

L’une d’entre elles s’était déjà illustrée à plusieurs reprises en s’en prenant au personnel de la prison. « A chaque fois, la direction aurait dû être beaucoup plus sévère », tempête Sophie Hautbois, secrétaire FO du centre pénitentiaire. « Les détenues qui posent problème ont rarement les sanctions disciplinaires maximales, alors elles se disent qu’elles peuvent continuer ». La syndicaliste est formelle. Les agressions ont augmenté ces derniers mois. Le ras-le-bol des 110 employés de la prison, dont 70 sont des surveillantes, aussi. « Nous connaissons les risques de ce métier », admet-elle, « mais on n’a pas signé pour être des punching-ball ».

Des sanctions adaptées, répond la direction

« Les chiffres ne montrent pas une hausse des violences physiques », réfute Yves Bidet, le directeur de la prison. « En revanche, je vois plus d’agressions verbales, peut-être liées à la période des fêtes, particulièrement dure pour les détenues ». Et sur les accusations de laxisme ? « Une sanction disciplinaire doit toujours être proportionnée et pédagogique sans jamais chercher à venger les surveillantes », répond-il, avant de souligner que deux enquêtes de police ont été ouvertes après les faits graves de la semaine dernière.

La défense ne convainc pas l’intersyndicale (FO, CGT et UFAP) qui appelle les surveillantes à montrer leur colère ce jeudi matin, devant les grilles du bâtiment. Avec une limite : le personnel pénitentiaire n’a pas le droit de grève. Seules les gardiennes en congés pourront venir.

* Le prénom a été modifié

Source : Le télégramme

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