Les blocages reprennent, un incident à Fleury-Mérogis

Alors que les blocages de prison ont repris ce jeudi matin, le détenu qui a agressé des surveillants à Vendin-le-Vieil, le 11 janvier dernier, a été inculpé mercredi par la justice américaine. A Fleury-Mérogis, plus d’une centaine de détenus ont refusé de regagner leur cellule.

Plusieurs prisons, dont Fleury-Mérogis et les Baumettes à Marseille, étaient bloquées ce jeudi matin, au quatrième jour de la mobilisation des personnels pénitentiaires qui réclament notamment plus de sécurité après plusieurs agressions, dont celle de trois d’entre eux jeudi dernier à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais).

Jeudi matin, 87 établissements étaient affectés par la mobilisation « à des degrés divers, soit 46 % du parc pénitentiaire », selon la Direction de l’administration pénitentiaire, pour qui la mobilisation est « similaire à la journée de mardi ».

L’Ufap revendiquait, elle, 140 à 150 établissement bloqués et 6 000 à 7 000 personnels mobilisés.

Heurts à Fleury-Mérogis

À Fleury-Mérogis (Essonne), plus grand centre pénitentiaire d’Europe, environ 200 personnes bloquaient l’entrée de l’établissement, selon les syndicats sur place.

À la fin de la promenade, 123 détenus ont refusé de regagner leur cellule. Tous ont finalement tous quitté la cour et étaient en train de regagner leurs cellules en début d’après-midi. « Les détenus sont en train de réintégrer leurs cellules dans le calme. Il n’y a eu ni violence ni dégât matériel », a indiqué la DAP.

À Marseille, une centaine d’agents des Baumettes bloquaient également totalement tous les accès à la prison. À Fresnes (Val-de-Marne), une barricade de palettes de bois et de pneus enflammés et une centaine de surveillants barraient l’entrée principale vers 7 heures.

Les prisons d’Ile-de-France mobilisées

À Nanterre, une dizaine d’agents tenaient un piquet de grève, avec des palettes enflammées. À Villepinte (Seine-Saint-Denis), trente à quarante personnes ont également installé des palettes et des pneus, sans y mettre le feu, et déployé une banderole: « Belloubet ne nous laisse pas crever #onlacherien ».

À Meaux-Chauconin (Seine-Maritime), « une bonne quarantaine » d’agents, « avec deux barricades qu’on va allumer d’ici quelque temps », barraient l’accès à l’établissement. Il n’y aura « pas d’activités, pas d’ateliers, pas de parloirs, pas d’extractions judiciaires » jusqu’à ce qu’ils soient « délogés par les forces de l’ordre », a assuré Damien Tripenne (CGT).

Depuis le Nord jusqu’à l’Est

Dans l’Est, le fonctionnement de plusieurs établissements (Mulhouse, Nancy, Epinal, Sarreguemines, Saint-Mihiel…) était touché. Environ 80 surveillants barraient notamment l’accès à la maison d’arrêt d’Elsau à Strasbourg.

Dans les Hauts-de-France, « les 17 établissements de la région sont bloqués, seul le personnel pénitentiaire peut rentrer », selon le secrétaire régional Ufap-Unsa, Guillaume Pottier. Le directeur interrégional des services pénitentiaires, Alain Jégo, faisait, lui, état de 16 prisons bloquées.

En Occitanie, à l’exception de la maison d’arrêt Albi, toutes les prisons étaient bloquées.

En Auvergne-Rhône-Alpes, les surveillants étaient mobilisés devant les principaux établissements de la région (Saint-Quentin-Fallavier, Valence, Roanne, Bourg-en-Bresse, Moulins-Yzeure, Chambéry, Varces-Grenoble…). Les piquets de Villefranche-sur-Saône et de Lyon-Corbas se sont faits déloger par la police.

À Nice, le blocage de la prison a notamment empêché durant quelques heures le transfert vers le tribunal de la «Veuve noire» de la Côte d’Azur, Patricia Dagorn, qui est actuellement jugée aux assises pour l’assassinat de deux retraités.

Un arbitrage attendu

Un document est « à l’arbitrage de la garde des Sceaux et de Matignon », ont indiqué mercredi soir l’Ufap-Unsa et la CGT Pénitentiaire dans un communiqué commun. « Une fois les arbitrages rendus, les discussions reprendront afin de faire un point et finaliser ou pas un document que nous soumettrons aux personnels », ont-elles précisé.

La ministre de la Justice Nicole Belloubet a annulé un déplacement prévu vendredi dans les Bouches-du-Rhône, sans en préciser les motifs.

Vendin-le-Vieil : l’islamiste qui a agressé des surveillants de prison inculpé à New York

Le cerveau des attentats de Djerba en 2002, l’islamiste allemand Christian Ganczarski, 51 ans, a été inculpé mercredi par la justice américaine qui réclame son extradition par la France, où il est détenu et a agressé récemment trois surveillants.

Incarcéré depuis 2003 et condamné en 2009 à 18 années de réclusion, Christian Ganczarski est en fin de peine en France.

Le 11 janvier, il a agressé des surveillants de la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) à l’aide d’une paire de ciseau et d’une lame de rasoir, blessant légèrement trois agents. L’attaque a provoqué un vaste mouvement de mobilisation des personnels pénitentiaires dans toute la France.

Ce ressortissant allemand avait été condamné en France pour complicité dans l’attentat contre la synagogue de Djerba en Tunisie, qui avait fait 21 morts en avril 2002. La présence de deux Français parmi les personnes décédées avait justifié l’ouverture d’une procédure en France.

L’homme était apparu comme l’un des instigateurs de cette attaque au camion piégé avec Khaled Cheikh Mohammed, hiérarque d’al-Qaïda et cerveau présumé des attentats du 11 septembre 2001, détenu à Guantanamo.

Il aurait été au courant d’une attaque avant le 11 septembre 2001
Mercredi, il a été inculpé par le procureur fédéral de Manhattan pour sa participation active au réseau al-Qaïda. Selon l’acte d’inculpation, il aurait rencontré à plusieurs reprises Oussama Ben Laden et plusieurs membres de la hiérarchie d’al-Qaïda en 2000.

Il aurait apporté son soutien logistique à l’organisation et aurait indiqué avoir été au courant, avant les attentats du 11 septembre 2001, qu’une attaque d’ampleur était en préparation.

Le procureur Geoffrey Berman a retenu contre lui quatre chefs d’accusation, notamment l’association de malfaiteurs en vue d’assassiner des ressortissants américains, passible, à elle seule, de la réclusion criminelle à perpétuité.

Une nouvelle condamnation en France ?
Christian Ganczarski a été présenté lundi à un juge d’instruction antiterroriste à Paris, qui lui a notifié sa mise en examen pour tentatives d’assassinat. Sous le coup de poursuites, il pourrait faire l’objet d’une nouvelle condamnation en France, qui retarderait son extradition.

Source : DNA (Dernières Nouvelles d’Alsace)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s