Pas-de-Calais : deux surveillants de prison agressés à la barre de fer

Ce n’est pas le premier incident de ce type recensé dans le centre pénitentiaire de Longuenesse, situé près de Saint-Omer (Pas-de-Calais).

Nouvelle agression dimanche en fin d’après-midi contre des surveillants de prison. Deux agents, un homme et une femme, du centre pénitentiaire de Longuenesse, situé près de Saint-Omer (Pas-de-Calais) ont été frappés par un détenu muni d’une barre de fer. Ils ont été conduits à l’hôpital dans la foulée.

D’après le secrétaire interrégional FO pénitentiaire Julien Martin, « deux détenus avaient prémédité leur action et un seul est passé à l’acte ». L’agresseur présumé « les a frappés avec un pied de table, une barre de fer de 80 cm de long, de 5 cm sur 5 cm. Les deux surveillants ont été blessés gravement car ils ont été conduits à l’hôpital, l’un des deux a peut-être un bras cassé », a dit M. Martin. L’agresseur, un détenu de droit commun, a été placé en garde à vue, a-t-il ajouté.

Un dimanche entre mutineries et débrayages anticipés

« Il s’agit encore une fois d’une agression envers le personnel, on n’en peut plus: c’est quotidien! », a estimé M. Lefebvre du syndicat Ufap-Unsa. Selon lui, les deux blessés, deux quadragénaires, ont été transportés à l’hôpital d’Helfaut, à quelques kilomètres du centre de détention de Longuenesse. « Ils effectuent des examens, ils ont de nombreuses contusions aux bras et sont touchés psychologiquement ».

Interrogé sur les circonstances de l’agression, il a dit préférer attendre les résultats de l’enquête. M. Martin a, lui, qualifié les faits de « guet-apens » et de « tentative d’assassinat».

« On est très choqué, ça ne va faire qu’amplifier la grogne et il y aura un durcissement demain à Longuenesse », a dit M. Martin. Les syndicats appellent à ne pas prendre les clefs demain à Longuenesse: on peut s’attendre à ce que ce soit les policiers qui viennent gérer l’établissement ».

Débrayage national prévu lundi

Cet incident survient en effet dans un contexte très tendu. Les syndicats de surveillants de prison se préparaient dimanche soir à reprendre l’épreuve de force avec le gouvernement en appelant à un nouveau «blocage total» des établissements lundi, après leur rejet de propositions sur l’emploi et la sécurité.

Plusieurs débrayages ont été menés la semaine dernière, notamment à Longuenesse. La journée de dimanche fut également marquée par des débrayages anticipés, au Val-de-Reuil (Eure), à Saran (Loiret) ou encore à l’Unité hospitalière psychiatrique de la région de Bordeaux (Gironde), et plusieurs mutineries. Dans le Nord, environ 160 détenus de la prison de Sequedin ont refusé de regagner leur cellule à la fin de la promenade, de même qu’une quarantaine d’autres à Maubeuge, selon des syndicats.

Les propositions du gouvernement refusées

C’est l’agression de surveillants par un détenu djihadiste à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) le 11 janvier qui a mis le feu aux poudres au sein d’une profession s’estimant mal reconnue. Une série d’agressions les jours suivants a ravivé la colère. Vendredi à Borgo (Haute-Corse), deux surveillants ont ainsi été blessés par un détenu signalé pour radicalisation. Le détenu a été mis en examen dimanche pour «tentative d’assassinat». Samedi, deux nouveaux incidents se sont produits dans les prisons de Maubeuge (Nord) et Guéret (Creuse).

L’Ufap-Unsa et la CGT dénoncent des propositions du gouvernement «bien en deçà des attentes des collègues mobilisés» notamment concernant les indemnités et le statut des surveillants. Ils jugent aussi insuffisantes la proposition de 1 100 créations de postes sur quatre ans.

Source : Le Parisien

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