Le terroriste Sid Ahmed Ghlam à la prison de Metz-Queuleu

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Un terroriste ultra-médiatisé occupe depuis quelques jours une cellule de la maison d’arrêt de Metz-Queuleu. Tueur présumé d’Aurélie Châtelain, en 2015, Sid Ahmed Ghlam oblige les surveillants à une vigilance toute particulière.

Son numéro d’écrou : 62 336. Son profil : tueur et terroriste présumé. Son nom : Sid Ahmed Ghlam. De la maison d’arrêt de Metz-Queuleu, ce détenu ultra-médiatisé ne verra que le quartier d’isolement et la promenade. Peut-être le parloir. Cet islamiste radical de 27 ans, accusé d’avoir tué Aurélie Châtelain en avril 2015 et planifié des attentats contre des églises parisiennes, vient d’arriver en Moselle dans le cadre des rotations des TIS, comprendre les détenus pour terrorisme islamiste.

DOSSIER

Ce genre d’arrivée est toujours un événement dans le milieu de la pénitentiaire. Un événement et des contraintes. Car ce détenu impose des mesures d’ordre et de sécurité particulières. Elles ont été rappelées aux agents messins dans une note que nous avons pu consulter. La direction évoque, « au vu du profil et du comportement de cette personne détenue », l’obligation de confier l’ouverture de « la porte de cellule de ce détenu […] à deux agents. À chaque déplacement, hors de la cellule, il doit être accompagné d’un gradé et d’un agent ». On apprend aussi dans cette note qu’une « observation journalière sera renseignée par les agents ». Une attention particulière est imposée autour de son comportement au quotidien, de l’équipement de la cellule, du refus de la télévision et d’un prosélytisme religieux ou politique.

« On n’est pas préparés »

À Fresnes, dans l’une des prisons où il est passé, Sid Ahmed Ghlam s’était procuré un téléphone portable. Même en quartier d’isolement.

C’est une des missions imposées aux gardiens messins : surveiller les moindres faits et gestes de cet homme qui va vivre en vase clos. « Comme il est à l’isolement, cela devrait être plus simple », réagit Faouzi Kolli, délégué Ufap. Pour des collègues, il existe une « vraie crainte » face à cet ancien étudiant d’origine algérienne, « car on n’est pas préparés ». Une appréhension née du passé du jeune homme, dont une partie de la famille est installée à Saint-Dizier. À Reims puis à Paris, où il était inscrit en licence d’informatique, Sid Ahmed Ghlam portait le jean et des chaussures en cuir, le costume à l’occasion. En Haute-Marne, près des siens, c’était plutôt une longue tunique sur un pantalon.

À la mosquée El Fath, il a enseigné l’arabe littéraire pendant deux ans. C’était en 2013 et 2014, juste avant que ce personnage frappe le territoire français à la demande de contacts. Il était sous surveillance des services de renseignement pour avoir manifesté son envie de départ en Syrie. Le 19 avril 2015, Aurélie Châtelain, 32 ans, mère d’une enfant de 5 ans, est tuée d’une balle en plein cœur. Elle est retrouvée à Villejuif dans son véhicule en partie carbonisé. On pense d’abord à une tentative de vol. Des sources évoquent Sid Ahmed Ghlam. Il pensait qu’il était suivi et aurait pris la jeune femme pour un agent de renseignement. Lors de perquisitions, les enquêteurs retrouvent des kalachnikovs et des documents établissant le projet imminent d’attaquer des églises qu’il avait repérées. C’était un carnage qui se préparait dans ces lieux de culte réunissant chaque dimanche plus de 300 personnes. « On se dit qu’on va recevoir de plus en plus de détenus de ce genre », prévient Faouzi Kolli.

Kevin GRETHEN

Source : Le Républicain Lorrain

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