Près de Rennes : 100 détenus dorment sur un matelas au sol.

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Le syndicat Ufap tire la sonnette d’alarme et redoute un regain de tension dans les deux maisons d’arrêt de Vezin. Les surveillants ont du mal à supporter une surpopulation pénale qui enfle.

« On entasse des détenus chaque jour dans des cellules déjà occupées. Avant, on arrivait à gérer selon les penchants des uns et des autres. Mais c’est terminé. Ça devient intenable. » C’est un véritable cri d’alarme que poussent les responsables du syndicat Ufap-Unsa, majoritaire dans la profession. Et selon les prévisions, la situation ne va pas s’arranger.À la maison d’arrêt 1, 60 matelas jonchent le sol des cellules à la date du 4 avril 2018. Pire, pour la fin de la semaine, la direction prévoit d’en ajouter 22 de plus. Au final, cette partie de l’établissement comptera 82 matelas à même le sol. Maison d’Arrêt 2, 39 détenus dorment sur un matelas à même le sol. « Il n’y a pas que les condamnations récentes, explique un délégué syndical. Nous avons reçu beaucoup de transferts venant d’autres établissements. Le comble concerne un quartier labellisé destiné aux arrivants au sein duquel il y a aussi des matelas par terre. »Ces conditions de détention, très pénibles pour les détenus, ne facilitent pas le travail des surveillants. Il n’est pas rare, quand une porte est ouverte, d’être confronté à des personnes énervées de devoir dormir sur le sol. « Nous faisons attention, poursuit le responsable Ufap. Certains détenus vivent très mal leur détention qui n’est déjà pas une partie de plaisir. On sent que ça peut exploser d’un moment à l’autre. »

300 matelas au sol dans le grand ouest…

La surpopulation a différentes explications. D’abord, un durcissement de la politique pénale qui s’exprime par la multiplication des comparutions immédiates. Une récente étude a démontré que le pourcentage des personnes incarcérées est nettement plus élevé lors de ces procédures que lors d’une audience correctionnelle classique. Et, ensuite, le trop-plein des petites maisons d’arrêt en Bretagne et ailleurs génère des transferts réguliers de détenus.Anne-Sophie Cortinovis, de la direction interrégionale de l’administration pénitentiaire confirme le nombre de lits et pense, elle aussi, que la situation ne va pas s’améliorer rapidement. « Nous ne pouvons pas refuser un détenu que nous envoie le tribunal, explique la directrice. Tous les mois, on communique le chiffre des personnes incarcérées aux autorités judiciaires. Nous estimons à 250 ou 300 le nombre de personnes écrouées qui dorment sur un matelas à même le sol dans les prisons du grand ouest. »

« Conditions de travail et de détention inacceptables »

Les surveillants craignent une explosion au sein du centre pénitentiaire de Vezin. « Pourtant, nous sortons de 3 semaines d’un dur conflit dont la priorité était d’obtenir plus de sécurité pour les personnels, déplore l’Ufap. Nous avons comme réponse l’expansion de matelas au sol. Ces conditions de détention et, a fortiori, de travail sont inacceptables sachant que le centre pénitentiaire de Rennes Vezin est déjà une véritable poudrière. »

Source : Ouest-France

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