Une motion nuancée contre l’implantation d’un centre pénitentiaire au Muy

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Ce n’est pas un « non », mais ce n’est certainement pas un « oui ».

Ce n’est pas un « non », mais ce n’est certainement pas un « oui ». L’implantation d’un centre pénitentiaire sur la Dracénie (en plus de la toute nouvelle maison d’arrêt de Draguignan) a fait une apparition assez inattendue, jeudi soir, au bout du conseil communautaire. Inattendu, à l’image de ce projet dont les services de la Cad ont appris l’existence un peu par hasard, à en croire Olivier Audibert-Troin. Le président a fait voter – à l’unanimité – une motion s’opposant « à la construction d’un second centre pénitentiaire sur un secteur dédié au développement économique de l’Agglomération ». Et la seconde partie de l’intitulé a son importance.

« Nous n’avons pas de position dogmatique, nous sommes prêts à travailler avec les services de l’État », indique l’édile. Car l’objet de la motion n’est pas de se défausser : « Nous sommes cohérents : tout le monde s’accorde à dire qu’il manque dans le pays 15 000 à 20 000 places de détention. Les détenus dorment parfois jusqu’à quatre en cellule, ce qui rend la politique de réinsertion bien plus difficile. »

Une position humaniste sur la question qui n’empêche pas un point de vue intéressé : la construction d’un centre pénitentiaire « conforterait notre tribunal d’instance et notre cour d’assises », toujours sous la menace d’un transfert vers Toulon.

Reste que le site envisagé par l’État provoque la colère froide d’Olivier Audibert-Troin. « C’est sûr que depuis un bureau du ministère de la Justice, ce site [en bordure de l’A8, sur la commune du Muy, Ndlr] peut sembler idéal. » Seulement voilà : il s’agit, pour la Cad, d’un terrain « destiné à un autre projet, au cœur d’une zone économique à construire ». « Nous demandons un minimum de respect. Que le ministère vienne voir avec nous les lieux possibles. Nous avons d’ailleurs fixé un rendez-vous avec le préfet et le maire de Arcs-sur-Argens afin de faire des propositions. » Est-ce à dire que les propositions de la Cad s’orientent vers un site situé sur la commune des Arcs ? Pas du tout : il agit là en qualité de vice-président en charge du développement économique, le projet étant aussi envisagé sous cet angle.

Rappelant l’engagement de l’Agglo en faveur de la maison d’arrêt ouverte en janvier dernier (« Nous nous étions battus pour que la prison dite « de Draguignan » soit reconstruite »), le président a tout de même voulu marquer le coup : « Nous voulons être respectés. Nous avons besoin de créer de la richesse et de l’emploi sur notre territoire. C’est tout à fait compatible avec un second centre pénitentiaire. »

La Cad espère sans doute obtenir la même écoute attentive qu’ont reçue les communes de Grasse (06) et de Fréjus : ces dernières ont refusé d’accueillir le futur centre pénitentiaire. Et ont obtenu gain de cause.

Source : Var-matin

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