A Rennes, la plus ancienne détenue de France sollicite une grâce présidentielle

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Elle est la plus ancienne détenue femme de France. Isabelle a 74 ans et elle est depuis 33 ans enfermée à Rennes dont 21 ans en psychiatrie. Cette femme a été condamnée à perpétuité pour meurtre. Aujourd’hui, âgée, elle sollicite une grâce présidentielle.

« Cette grâce présidentielle ne serait pas la liberté pour Isabelle. Elle lui permettrait juste de ne plus être sous la tutelle de la Justice et de pouvoir mener la vie normale des personnes hospitalisées d’office. « Elle ne manifeste pas le désir de sortir. Elle a beaucoup trop peur de l’extérieur. Elle l’envisage que sous réserve d’être accompagnée par des gens qu’elle connait et qui la rassurent. »

Elle demande un peu d’humanité

Née en  Outre-mer, elle a survécu à la misère, la violence et la maladie mentale. Aujourd’hui, cette femme âgée demande « un peu d’humanité, d’être une malade hospitalisée en psychiatrie avec les mêmes droits et les mêmes contraintes que les personnes  autour d’elle. Elle a la conscience suffisante pour souffrir de cette situation.« . Elle ne peut pas bénéficier de ces petits espaces de liberté encadrée, comme de sortir accompagnée pour acheter ses vêtements. Son avocate rappelle qu’ « elle a 74 ans et qu’elle n’est pas un fort des halles et que deux infirmiers psychiatriques devraient largement suffire à la diriger. »

Virginie Bianchi, l'avocate de la plus ancienne détenue de France - Radio FranceVirginie Bianchi, l’avocate de la plus ancienne détenue de France © Radio France – Brigitte HugElle est terrifiée par tout ce qui lui rappelle la prison

Un détenu condamné à perpétuité peut, au bout d’une dizaine d’années, demander une libération conditionnelle, après un passage dans un centre national d’évaluation. C’est impossible pour Isabelle. « Elle est terrifiée par tout ce qui lui rappelle la prison, terrifiée par les uniformes.« . D’ailleurs, elle ne peut pas être soignée en dehors de l’hôpital psychiatrique car elle serait amenée dehors par des personnels en tenue. « L’année dernière, elle s’est cassée le pied. Ça a été soigné sur place. »

Une grâce présidentielle, c’est une bouteille à la mer!

Seule solution: la grâce présidentielle. Depuis 1997, plusieurs demandes ont été déposées. En septembre 2015, de nouveau, à François Hollande. En vain. Le mois dernier, une autre a été adressée à Emmanuel Macron. « Une grâce présidentielle, c’est une bouteille à la mer parce qu’ on n’a pas d’interlocuteur à proprement parlé. Pas de réponse.« . L’équipe soignante soutient cette demande et, il y a quelques années, l’administration pénitentiaire en avait signé une. « Aujourd’hui cette femme ne retournera pas en prison. Elle n’en a pas les capacités physiques, mentales, morales. Elle n’en a pas la force. Et l’administration pénitentiaire sait bien que cette personne ne fait plus partie de ses murs.« .

Source : France Bleu

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