La prison de Fresnes va enfin être rénovée

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Après des années d’immobilisme, la Chancellerie a décidé d’allouer 270 millions à la rénovation de cet établissement pénitentiaire d’Ile-de-France, considéré comme l’un des plus insalubres.

Adieu rats, cafards et punaises ? La prison de Fresnes, tristement célèbre pour ses conditions de détention, véritable summum d’indignité carcérale, va être rénovée. La Chancellerie a annoncé qu’elle prévoyait de consacrer une enveloppe de 270 millions aux travaux. Pour autant, le chantier n’est pas pour demain. Contacté par Libération, le porte-parole du ministère, Youssef Badr, explique qu’aucun calendrier précis n’a été validé mais que les études vont commencer en 2019. «L’urgence c’est vraiment les réseaux de fluides, notamment l’eau, qui sont très dégradés.»

Concentré de saleté

Les opérations d’envergure devraient commencer vers 2020-2021, soit à la fin du quinquennat. Il n’est pas question de raser l’établissement et de le reconstruire mais d’œuvrer sur le bâti existant. C’est la prison de la Santé qui doit rouvrir ses portes en octobre 2018 qui servira de soupape pour vider certaines ailes de leurs détenus pendant la réfection. D’après les statistiques carcérales du mois de juin, 2556 personnes sont actuellement incarcérées à la maison d’arrêt pour une capacité de 1404 places. Soit une densité de 182%. Une surpopulation que ne résoudra pas la rénovation…

La prison de Fresnes, construite à la fin du XIXe siècle, est régulièrement décrite comme un concentré de saleté, de promiscuité et de violence. Les douze contrôleurs des lieux de privation de liberté qui ont visité cet établissement pénitentiaire du Val-de-Marne entre le 3 et le 14 octobre 2016 en étaient ressortis avec une longue liste de «dysfonctionnements» et «d’atteintes aux droits de l’homme». «Dans ces cellules, une fois déduite l’emprise des lits, des toilettes et de la table, trois personnes doivent vivre dans un espace d’à peine 6m², bien inférieur aux normes fixées par le Comité européen pour la prévention de la torture», était-il écrit dans leur compte rendu.

«Les rats évoluent en masse»

Dans les coursives ou à l’extérieur, la situation n’est guère mieux : «Les rats évoluent en masse au pied des bâtiments, dans les cours de promenade et aux abords des édifices tout au long de la journée […] L’odeur persistante de leur pelage, de leurs excréments et de leurs cadavres, s’ajoute à celle des amas d’ordures.» En octobre de la même année, le tribunal administratif de Melun avait d’ailleurs condamné l’administration pénitentiaire à prendre des mesures pour éradiquer les nuisibles proliférant dans la maison d’arrêt.

En novembre 2017, plusieurs avocats de personnes détenues à Fresnes avaient saisi la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), en dénonçant des conditions d’incarcération «inhumaines et dégradantes». Pour le moment, seules quelques rénovations de façade avaient été entreprises telles que l’achat d’armoires, le cloisonnement des sanitaires, le renouvellement des tabourets dans les parloirs… Il faut croire que c’est la visite du président de la République en mars 2018 à Fresnes, pour faire ses grandes annonces pénitentiaires, qui aura été l’élément déclencheur.

Julie Brafman

Source : Libération

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