Evasion de Redoine Faïd : le matériel du commando retrouvé dans l’Oise

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Un chasseur a découvert dimanche un sac de sport contenant des armes, des cagoules et surtout une disqueuse ayant sans doute servi à faire évader le braqueur.

C’est un chasseur qui a découvert le sac de sport dimanche dans la forêt domaniale de Verneuil-en-Halatte (Oise). Neuf jours après l’évasion spectaculaire de Redoine Faïd de la centrale de Réau (Seine-et-Marne), les policiers ont sans doute récupéré le matériel utilisé par le commando pour exfiltrer le braqueur récidiviste de 46 ans.

Dans le sac de sport se trouvaient deux armes longues recouvertes de papier aluminium, plusieurs cagoules et vêtements, du matériel divers et surtout une disqueuse. C’est grâce à cet outil que les policiers effectuent le lien avec le matériel du commando.

Les enquêteurs disposent en effet de photographies de la disqueuse utilisée par les malfaiteurs pour découper la porte donnant accès depuis la cour d’honneur à l’unité de vie (UVF), où se trouvait le détenu au moment de l’irruption de ses complices.

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Des analyses de police technique et scientifique sont en cours pour authentifier l’appartenance de ce matériel au commando. Le chasseur qui est tombé par hasard sur le sac abandonné dans les bois l’a remis dès dimanche à la brigade de gendarmerie. Mais les policiers de la Direction centrale de police judiciaire (DCPJ) n’ont pu le récupérer que 24 heures après.

Les enquêteurs avaient déjà retrouvé le jour de l’évasion de Redoine Faid, à l’intérieur du couloir menant à l’unité de vie, un sac plastique avec une bouteille d’eau contenant un liquide transparent. Selon nos informations, les analyses ont déterminé qu’il s’agissait d’un cocktail molotov abandonné sur place par le commando. De tels engins incendiaires avaient été utilisés par les malfaiteurs pour brûler notamment l’hélicoptère détourné.

Le repaire de Jacques Mesrine

Le lieu où a été trouvé le sac se trouve dans la circonscription de Creil (Oise), d’où est originaire Redoine Faïd, devenu l’ennemi public n°1. À une trentaine de kilomètres de là, au Fay-Saint-Quentin (Oise), le Kangoo blanc utilisé par le commando avait été retrouvé carbonisé le 2 juillet.

Faut-il y voir un symbole ? C’est dans une grotte de la forêt de Verneuil-Halatte que Jacques Mesrine, alors en cavale, avait tendu un piège à Jacques Tillier, un journaliste de Minute. Le reporter qui avait été attiré là par une promesse d’interview avait été retrouvé nu et ensanglanté sur le bord de la D565, jusqu’où il avait rampé.

La découverte du sac conforte en tout cas l’hypothèse des enquêteurs selon laquelle le braqueur est toujours dans la région et n’a pas fui à l’étranger. Comme lors sa précédente évasion : en 2013, après s’être fait la « belle » de Lille-Sedequin, Faïd était resté entre la région parisienne et le nord de la France, près de la frontière belge. Les enquêteurs, qui le présentent comme « dangereux », redoutent qu’il réitère des « faits criminels ». En clair, qu’il organise un braquage pour financer une cavale plus longue.

« L’évasion a été mûrement réfléchie »

Les policiers vont désormais s’attacher à exploiter les éventuels indices et traces ADN laissés sur le sac et son contenu par le commando de quatre ou cinq personnes, encore non identifié. Au moins un suspect – chargé de garder les voitures ayant servi dans la fuite du suspect – n’est pas monté dans l’hélicoptère. Pour l’anecdote, certains proches de Redoine Faïd, placé sous surveillance par les enquêteurs, paraissaient déjà au courant mardi matin de la découverte du sac par la police.

Faïd est aujourd’hui traqué par une centaine d’enquêteurs spécialisés, qui espèrent une erreur de sa part. « L’évasion a été mûrement réfléchie et faite probablement par des membres du grand banditisme », avait déclaré à la presse Philippe Veroni, sous-directeur de la lutte contre la criminalité organisée.

Le rapport de l’Inspection judiciaire diligentée par la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, pour éteindre la polémique après l’évasion du braqueur est attendu pour lundi. Seront notamment publiés les échanges intégraux entre l’administration pénitentiaire et les surveillants de Réau, qui réclamaient le transfert du braqueur vers un autre établissement.

Source : Le Parisien

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