Une journée portes ouvertes dans les prisons, quelle bonne idée !

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L’univers carcéral est méconnu. Organiser des visites en prison permettrait de montrer les conditions d’incarcération et celles de travail du personnel.

Idée. Le monde de la prison est méconnu. Tout comme l’administration pénitentiaire – service public régalien s’il en est. Dépendant, autrefois, du ministère de l’Intérieur, aujourd’hui du ministère de la Justice, cet univers mérite d’être plus soutenu. Parfois décriés comme « poubelles de la République », les établissements (maisons d’arrêt, maisons centrales, centres de détention, centres de semi-liberté) rencontrent des difficultés souvent relayées. Surpopulation carcérale, agressions, conditions parfois totalement indignes, pour les détenus comme pour le personnel, facilitent des phénomènes de radicalisation et nourrissent la faible attractivité des métiers. Il importe de pouvoir faire mieux, dans l’intérêt de tous. Or, il est compliqué d’investir dans ce domaine. Politiquement, il s’avère plus aisé et plus rentable de promettre davantage de prisons que de faire davantage pour les prisons. Aussi, pour avancer, il convient d’abord de mieux faire connaître ce pan singulier des politiques publiques. Pourquoi ne pas organiser, sous contrainte évidemment des règles de sécurité, des visites permettant découvertes et explications ?

Mode d’emploi. Ouvrir les prisons au public sonne comme une idée saugrenue. Une telle opération devrait pourtant permettre de faire saisir la situation, les besoins et l’importance de ce secteur. Les parlementaires disposent d’une prérogative bien singulière : ils peuvent se rendre quand ils le souhaitent dans tous les établissements pénitentiaires. Il ne s’agirait en rien d’ouvrir une telle possibilité à d’autres populations. Mais l’organisation de visites, dans des conditions très strictement encadrées, par exemple pour des classes de collège ou de lycée, doit pouvoir s’envisager. Syndicats et encadrement peuvent y voir des inconvénients, car cette mission supplémentaire appellerait des moyens à réaffecter. Le jeu, si l’on peut dire, vaut sa chandelle : mesurer ce que sont vraiment les conditions d’incarcération et les conditions de travail du personnel pénitentiaire. La démarche est compliquée, car elle a une double visée : démonstration et répulsion. Démonstration de ce qu’est l’administration pénitentiaire, répulsion pour de jeunes gens que la prison ne décourage pas. La piste peut se creuser. Alors qu’aucun président n’avait visité de prison depuis 1974, François Hollande s’est rendu à Villepinte en 2017. Et Emmanuel Macron à Fresnes en 2018. Une accélération qui augure une ouverture plus grande sur les prisons ?

Source : Le Point

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