Entre les murs de la prison de Metz, tous les soins

Les détenus de la maison d’arrêt de Metz se font soigner à l’intérieur des murs. Une équipe médicale prend en charge toutes les pathologies. La santé n’est pas perçue comme à l’extérieur, elle peut être un mode de pression.

Avant de parvenir « au bout du bout » de la maison d’arrêt, Sophie, chef de l’unité sanitaire-dispositif de soins somatiques, ne compte plus le nombre de portes qu’elle doit franchir. Sécurité avant tout. Et on laisse le téléphone portable aux gardiens qui les réclament à l’entrée. La sécurité, c’est l’affaire de tous.

• Circuit fermé

Ici, personne ne sort. Les soins sont prodigués sur place. Dentiste, kiné, gynéco, ophtalmo… La pharmacie est également implantée là. Un service de médecine à part entière, dépendant du CHR Metz-Thionville. Et la télémédecine permet encore de régler des cas particuliers notamment en dermatologie.

D’ici, personne ne sort. Ça évite les coûts trop importants et la mise en œuvre des extractions qui supposent de faire appel aux services de l’administration pénitentiaire, voire aux renforts de gendarmerie.

• Tous connus

Les équipes de soins connaissent la plupart des détenus. Parce qu’avant d’intégrer leur cellule, tous les nouveaux arrivants passent une visite médicale. «Nous établissons un bilan de santé, mettons à jour les vaccins, sommes vigilants sur les addictions et nous assurons une continuité des soins. » « Dépistage de la tuberculose et de la rougeole systématiquement », détaille encore la chef de service.

Le personnel soignant ne chôme pas. « On compte 250 passages par jour. » Ils les connaissent très bien, parce que 75 à 80 % de la population carcérale est récidiviste.

• Un moyen de pression

La maison d’arrêt de Metz compte près de 600 détenus pour une capacité d’accueil de 450. Un trop-plein qui se ressent forcément. « Ils jouent de leur état de santé, c’est une sorte de levier, un moyen de pression. Ils en jouent pour sortir, explique Martine, la cadre de santé du service. « Un jour, un jeune s’est coupé tous les tendons en cassant un carreau. Il a refusé tous les soins et nous a menacés de porter plainte », raconte Sophie. Monnaie courante. Ils se plaignent auprès de leurs avocats. Nous sommes obligés de justifier la moindre prise en charge. » Elles évoquent à peine les violences verbales. En rient. Banalité du quotidien.

• Parachutage

Ici, tout se monnaie. Les médocs peuvent s’échanger contre des clopes. En maison d’arrêt, l’argent ne circule pas. Le marché du troc est ouvert. Dans la salle d’attente de l’unité de soins, la fenêtre a été scellée. « Pour éviter les parachutes, signale la cadre de santé. Ils font des rubans avec les sacs-poubelles qu’ils balancent à l’étage du dessous. « Si on ne surveille pas la prise de médicaments, explique la chef de l’unité. On peut retrouver des stocks importants sous les matelas. Ils risquent leur vie. Et ça peut nous retomber dessus. »

•Pathologies typiques

Les pathologies classiques ? « Des cas de galles rapportés de l’extérieur, récapitule Sophie. Pour éradiquer ce qui peut très vite être contagieux, le protocole est simple : sortie de cellules désinfection de tout le linge et prescription médicamenteuse. Pour le reste, c’est comme dans une vie classique hors des murs.

Anne RIMLINGER-PIGNON

 

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