Nouveau rythme de travail, effectifs renforcés… Fin du mal-être à la prison du Havre

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Après une période de mal-être à la prison du Havre (Seine-Maritime), les agents ont retrouvé le moral : les effectifs ont été renforcés et une nouvelle organisation a été adoptée.

Le contexte n’est plus « explosif » au centre pénitentiaire du Havre, situé à Saint-Aubin-Routot (Seine-Maritime). Quelques semaines après que le syndicat Ufap-Unsa Justice a tiré la sonnette d’alarme, les tensions sont finalement retombées. En cause : la mise en place d’un rythme de travail meilleur pour la santé des agents, l’arrivée de surveillants supplémentaires et une organisation adaptée durant l’été.

Une offre réduite en juillet-août

Mi-juin 2018, le syndicat majoritaire de la prison du Havre dénonçait la « grosse souffrance du personnel », indiquant que les risques psycho-sociaux étaient « à leur apogée ». Une situation qui s’expliquait en partie par un « sous-effectif record ».

La directrice, Muriel Tabeau, avait alors dû réduire les espaces à surveiller durant les mois de juillet et août : « J’ai gagné neuf agents en fermant le quartier socio-culturel, un rez-de-chaussée comportant 24 cellules dont les détenus ont été relocalisés dans les étages, ainsi que le quartier des mineurs, égraine-t-elle. Les huit détenus de ce quartier ayant été déplacés dans l’aile des arrivants, aucun nouveau détenu n’a été accueilli à la prison du Havre ».

Quinze nouveaux surveillants

Alors que Muriel Tabeau nous avait confié espérer recevoir « une vingtaine » de nouveaux surveillants » au moment de la sortie des écoles, en août 2018, la direction interrégionale lui en a octroyé 15 et lui a promis l’ouverture de 14 postes supplémentaires d’ici la fin de l’année.

Puisqu’il manquait « 32 surveillants » au planning, selon l’Ufap-Unsa Justice, le sous-effectif va donc être réduit « quasiment à zéro », se réjouit la directrice.

Et les bonnes nouvelles ne s’arrêtent pas là puisque, en plus d’un effectif bientôt quasi complet, le personnel de la prison du Havre a adopté un nouveau fonctionnement plus favorable aux agents.

Fin d’un « rythme nuisible pour la santé »

Auparavant, avant d’être en repos, les surveillants travaillaient deux jours complets, de 7h à 19h, puis effectuaient une troisième journée en coupure : de 7h à 13h puis de 19h à 7h du matin le lendemain. La nouveauté porte sur ce troisième jour travaillé. La directrice explique :  « Enchaîner une matinée puis une nuit était un rythme nuisible pour la santé. Désormais, après deux longues journées, les surveillants ne font plus que la nuit, de 19h-7h. C’est beaucoup moins fatigant car ils restent chez eux durant la troisième journée et peuvent ainsi se reposer, profiter de leurs familles ou faire ce qu’ils ont à faire, avant de venir pour leur nuit ».

Mis en place temporairement depuis le 9 juillet dernier, le personnel a voté « massivement » en faveur de sa pérennisation. « Sur 171 agent appelés à voter, 117 se sont prononcés. 83 % d’entre eux ont voté en faveur de cette nouvelle organisation », affirme Éléonore Schreiner, secrétaire adjointe locale de l’Ufap-Unsa Justice, à l’issue du dépouillement, qui a eu lieu mardi 21 août 2018.

« Ça a remotivé les troupes ! »

« Entre la fermeture de trois zones durant l’été, la nouvelle organisation et l’arrivée des 15 nouveaux agents, il n’y a plus eu de vagues d’absentéisme. En ce moment, je n’ai pas d’agents malades, par exemple. L’ambiance est complètement différente », avoue Muriel Tabeau. Ce que confirme la représentante syndicale :  « Ça va beaucoup mieux, on est dans un environnement sain. On a eu la chance d’avoir eu un été calme du fait que la directrice ce soit soucié de la santé de ses agents. Et puis les changements au niveau du planning leur ont fait du bien. Ils sentent qu’ils ont été entendus. Ça a remotivé les troupes ! »

La représentante du personnel reste cependant prudente : « On ne veut pas que la direction interrégionale annule la création des 14 postes sous prétexte que le nouveau planning fonctionne bien. Certes, on arrive pile-poil à couvrir tous les postes et les détenus ont ce qu’il faut, mais on pourrait faire mieux. »

Source : Actu.fr

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