Val-d’Oise : à la maison d’arrêt, tout était bon pour faire entrer le cannabis

Onze personnes sont poursuivies devant le tribunal correctionnel pour leur implication présumée dans un trafic à la Mavo. Le cannabis était notamment caché dans le soutien-gorge de la mère d’un détenu, fonctionnaire au département.

Des balles de tennis gonflées de cannabis volant au-dessus des murs d’enceinte, des chaussures remplies de résine qui passent le portique ou encore une complice qui cache la résine dans son soutien-gorge avant de voir son fils au parloir… Tout était bon pour faire entrer le cannabis à la maison d’arrêt du Val-d’Oise (Mavo), à Osny. Ce trafic derrière les barreaux est jugé ce lundi et ce mardi devant le tribunal correctionnel de Pontoise. Onze personnes de 23 à 57 ans sont poursuivies, la plupart originaires de Garges-lès-Gonesse pour les principaux prévenus, dont certains en récidive légale.

L’enquête des gendarmes avait débuté le 17 janvier 2017 après un contrôle sur la route d’accès à la Mavo. Ils avaient intercepté un particulier rendant visite à Ilies B., détenu et ami d’enfance. Dans un sac, une paire de chaussures de sport aux semelles remplies de stupéfiants lui était destinée. L’enquête a permis d’établir qu’il lui rendait souvent visite. Le tout était ensuite revendu dans les couloirs et lors des promenades.

Deux filières d’approvisionnements ont été mises en évidence, dont des colis jetés par-dessus le mur d’enceinte. « Nous jugeons presque tous les jours en comparution immédiate des lanceurs pris en flagrant délit, souligne la présidente, Dominique Andréassier. Ce dossier est le premier où l’on a fait le lien entre les lanceurs et ceux qui reçoivent. »

Approvisionnement aux parloirs

L’organisation est minutieuse pour fournir le cannabis et trouver les lanceurs. Adil M., de Garges, est une des petites mains du trafic, accompagnant le lanceur après avoir récupéré les balles de tennis remplies de cannabis. « C’était pour rendre service », lance-t-il à l’audience, où il reste silencieux sauf pour assurer « avoir agi sous la contrainte ».

L’autre filière, ce sont les parloirs. Arnaud D., 31 ans, détenu, se faisait livrer chaque semaine son cannabis par sa mère, fonctionnaire au département du Val-d’Oise. Cela a fini par se savoir à la Mavo, où plusieurs codétenus ont profité de ce canal d’approvisionnement. « J’ai fait cela pour protéger mon fils. Il était menacé. Il était en danger » affirme-t-elle à la barre. Elle a reconnu passer à chaque fois, une vingtaine de parloirs entre décembre 2016 et mai 2017, 4 à 6 olives de 20 g chacune, dissimulée dans son soutien-gorge.

L’audience a aussi montré que ces 100 g étaient supérieurs aux besoins du fils et livrés bien avant les premières menaces. La fonctionnaire a également montré une certaine implication, se montrant exigeante à l’égard des fournisseurs, demandant même une fois à être rémunérée. Elle a aussi versé autour de 12 000 €, les économies de sa mère, à des inconnus par cartes prépayées. « C’était soi-disant sa consommation en prison, explique-t-elle. J’étais seule, menacée, harcelée. »

Source : Le Parisien

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