Après 4 ans de rénovation, la prison de la Santé rouvre ses portes

le

Après 4 ans de fermeture pour travaux, la prison parisienne de la Santé rouvre ses portes ce lundi. 839 détenus, dont une centaine en semi-liberté, vont intégrer cet établissement vieux de 147 ans, où un équipement de pointe a été installé.

Guillaume Apollinaire, Maurice Papon, Jacques Mesrine, Alfred Sirven, Yvan Colonna ou plus récemment Christophe Rocancourt, « l’escroc des stars ». Tous ont le point commun d’avoir séjourné dans la prison parisienne de la Santé. Quatre ans après sa fermeture pour travaux, l’établissement rendu célèbre pour son « quartier V.I.P. » a fait peau neuve et rouvre ses portes ce lundi.

Le ballet des bus de la police le 21 juillet 2014, pour transférer les prisonniers qui y étaient détenus, va donc laisser la place à un nouveau va-et-vient dans la prison située dans le XIVe arrondissement de Paris, qui va accueillir 839 détenus, dont 100 en semi-liberté. Certains de ces prisonniers, des hommes, sont suivis au titre de la radicalisation. Ils seront répartis sur trois étages, chacun isolés les uns des autres.

Prison
prison

Des cellules plus modernes

De l’extérieur, il n’est pas possible de voir les changements de la prison de la Santé: les murs en meulière apparente, datant de la création de l’établissement en 1867, ont été conservés. A l’intérieur, la « rotonde » historique, symbole du fonctionnement « panoptique », permettant à un gardien – remplacé par un poste de contrôle équipé de caméras – d’observer en même temps plusieurs coursives, existe toujours mais a été rénovée. Côté cellules, en revanche, c’est le grand changement.

« C’est le quartier bas, c’est le quartier qui a été réhabilité, détaille Christelle Rotach, la directrice de la prison. Les murs ont été conservés, les cellules réaménagées. De trois cellules existantes, on en a fait deux, pour pouvoir ménager un espace sanitaire plus conséquent avec le toilette et la douche. »

D’une taille de 9 m², les cellules ont été imaginées comme individuelles. Dans les faits toutefois, elles devraient être rapidement doublées alors que la surpopulation carcérale a encore augmenté au mois de décembre dernier. Elles sont toutefois plus grandes que les anciennes, et plus modernes. Chaque cellule dispose d’un évier, d’une télévision, d’une plaque-chauffante et d’une douche.

prison
prison

L’administration pénitentiaire met également l’accent sur la réinsertion des détenus avec une volonté de les préparer à un retour à la société et non une humiliation. Ainsi, les cellules sont équipées d’un téléphone fixe dont les utilisations sont contrôlées. Dans les autres parties de la prison, les espaces de promenade ont été végétalisés. Plus de 2.000 m² de salles d’activités ou de sport y ont été installés.

prison
prison

Sécurité innovante

La sécurité a également été repensée lors de la rénovation. Un système de brouillage « innovant » a été installé, permettant de bloquer les appels jusqu’en 4G. « On généralise le téléphone dans les cellules mais on brouille l’ensemble du site pour éviter les conversations parallèles », explique Christelle Rotach.

Outre les barbelés en haut des murs, les portes des cellules ont été modernisées avec une technologie qui n’est utilisée que dans très peu de prisons.

« Vous avez deux systèmes d’ouverture: le système d’ouverture vers l’intérieur, classique, et le système d’ouverture vers l’extérieur au cas où une personne détenue nous aurait bloqué la porte », détaille un surveillant.

Au total, 450 personnels vont travailler dans la prison de la Santé nouvelle génération. Un établissement qui ne dispose toutefois plus de son « quartier VIP ».

Pas de réponse à la surpopulation

Malgré cette rénovation, « nous n’avons aucune garantie que les conditions de détention soient bonnes », note François Bes, coordinateur du pôle enquête à l’Observatoire international des prisons, qui déplore que l’individualisation des cellules ait été abandonnée.

Concernant les activités proposées aux détenus, le spécialiste s’inquiète également du manque de surveillants pour les accompagner aux ateliers, tandis que le nombre de prisonniers ne cesse d’augmenter (71.000 détenus en décembre avec une densité carcérale de 118%).

« La situation doit être prise à bras-le-corps au niveau national, insiste François Bes. S’il y a surpopulation, les cellules vont vite se dégrader. Il faudrait plutôt envisager une véritable politique pénale qui mette l’accent sur les peines alternatives, qui sont la seule manière de lutter. »

Source : BFM TV

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s