Le centre pénitentiaire de Beauvais réclame surveillants et moyens

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Trois ans après son ouverture, un an après le mouvement des surveillants, le centre pénitentiaire attend toujours des effectifs et compte une surpopulation de détenus hommes.

Un effectif initial dépassé de quarante personnes

Le centre pénitentiaire de Beauvais est monté en capacité durant sa première année jusqu’à atteindre une surpopulation de près d’une centaine de détenus au cours de l’année 2017. C’est ce qu’ont constaté les différents syndicats représentés dans l’établissement. « Des matelas avaient été mis au sol. L’administration a commandé ensuite des lits qui ont été installés dans des cellules qui sont logiquement faites pour une seule personne », confie Julien Stievenard, secrétaire local FO, majoritaire au sein de l’établissement. Actuellement, une soixantaine de cellules sont concernées par ce doublement sur un des trois bâtiments de la prison, qui a ouvert avec une capacité maximale de 604 places, dont une quarantaine pour le quartier femmes. 644 personnes sont à ce jour incarcérées. « Il y a quinze détenus hommes de plus par étage », poursuit le délégué syndical.

 

2 Dix détenus radicalisés

Quelques mois à peine après son ouverture en décembre 2015, cette prison ultramoderne a accueilli ses premiers détenus sensibles. « Ce n’est pas choquant pour un établissement neuf. Ce qui me semble plus délicat, c’est qu’à l’époque, beaucoup de surveillants sortaient d’école. L’administration pénitentiaire n’a pas réussi à attirer à Beauvais des collègues davantage aguerris », commente Wilfried Fonck, secrétaire national UFAP-UNSA, spécialiste des questions de radicalisation. Si dix personnes incarcérées sont actuellement considérées comme radicalisées à l’intérieur du centre pénitentiaire de Beauvais, toutes ne sont pas placées à l’isolement. « Certains sont effectivement placés avec des détenus de droit commun, confirme Julien Stievenard. Cela devient de plus en plus difficile de déceler des comportements suspects ».

Au niveau national, l’administration pénitentiaire a prévu de renforcer les équipes des agents chargés du renseignement ‘‘intra-muros’’. Contactés, les services régionaux, dont dépend le centre pénitentiaire de Beauvais, n’ont apporté aucune information supplémentaire sur le sujet. Un délégué local du renseignement serait pour le moment en poste au sein de la prison locale. « On devrait élargir le recrutement à la base et non pas seulement aux postes de commandement. Car ce sont les surveillants de terrain qui entendent et voient tout », ajoute Wilfried Fonck. Selon nos informations, le nombre de détenus radicalisés serait plus important au centre de Liancourt, une vingtaine à ce jour.

 

3 Deux cents prisonniers peuvent sortir de leurs cellules

C’est une des spécificités de cet établissement qui a décidé de consacrer un des trois bâtiments à un mode carcéral particulier baptisé « régime respect ». À l’entrée dans l’établissement, le futur prisonnier est testé pour cette application où l’on lui permet de sortir de sa cellule et d’accéder à des activités de 7 h 30 à 11 h 30 et de 13 h 30 à 17 h 30. Si au démarrage, les détenus ont été choisis, les syndicats craignent désormais « un assouplissement de certains critères, même si le bâtiment est bien géré », relève un délégué local UNSA-UFAP. « Attention à ne pas «gonfler» le mode respect pour qu’il continue de fonctionner correctement, les détenus sont moins tendus par rapport au milieu classique », prévient Julien Stievenard. Aucun élargissement à d’autres bâtiments du centre pénitentiaire n’est pour le moment prévu, mais là encore, la direction régionale n’a pas répondu à la question.

 

4 Qui a survolé la prison avec un drone ?

C’était le 2 novembre dernier. Un drone survolait le centre pénitentiaire, signalé par l’administration aux autorités. Simple opération d’un utilisateur curieux ou tentative d’obtention d’informations pour un projet d’évasion ? Pour l’heure, personne ne vient apporter de précision sur cet événement « pris au sérieux », selon la sûreté départementale de la police nationale, venue sur place à l’époque sans repérer de suspect. Quelques mois après l’évasion de Redoine Faïd de la prison de Réau (Seine-et-Marne), l’utilisation d’un tel matériel pose toujours question.

 M.C.

Source : Courrier Picard

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