France: un détenu « radicalisé » retranché dix heures dans une prison interpellé

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Un détenu radicalisé ayant grièvement blessé deux surveillants mardi matin a été interpellé dans la soirée lors d’une intervention de la police, et sa compagne avec lequel il s’était retranché est morte des suites de ses blessures.

L’opération a été menée par le RAID, forces d’élite de la police nationale, à la prison ultra sécurisée d’Alençon/Condé-sur-Sarthe, en Normandie, où s’était retranché depuis près de dix heures Michaël Chiolo, 27 ans, un détenu de droit commun considéré comme radicalisé en prison, selon une source policière.

Le détenu et sa compagne ont été blessés dans l’intervention, lui seulement légèrement, à la joue.

C’est le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner qui a annoncé sur Twitter l’interpellation des deux personnes.

Pour la ministre de la Justice Nicole Belloubet, « le caractère terroriste de l’attaque » perpétrée mardi matin par Chiolo « ne fait aucun doute ». Le parquet antiterroriste de Paris s’est d’ailleurs saisi du dossier.

Vers 08h45 GMT le détenu a attaqué deux surveillants âgés d’une trentaine d’années avec un couteau en céramique. Il a dit « Allah Akbar » en passant à l’attaque, selon Alassanne Sall, délégué FO de la prison.

Le couteau qui a servi à l’agression « aurait pu » avoir été « apporté par sa femme », a indiqué la ministre.

« La céramique ça ne sonne pas (aux portiques de détection) » et la détection d’un tel couteau serait difficile « à moins de faire une fouille à corps de la personne. On n’a pas le droit de fouiller les personnes extérieures comme ça », a souligné Philippe Devique du syndicat Ufap.

D’après M. Devique, un des surveillants, blessé au thorax, « est sorti du bloc opératoire et est maintenant en convalescence, sous le choc à la fois de l’opération et de l’agression sauvage ». Quant au deuxième blessé, « il est assez grièvement blessé au visage et psychologiquement très perturbé ».

Michaël Chiolo purgeait une peine de 30 ans de réclusion criminelle et était libérable en 2038. Il n’était pas détenu dans le quartier pour radicalisés ouvert en septembre, a précisé le syndicat FO.

– Projet de mariage –

Selon Pauline Brion, l’ancienne avocate du détenu, il a rencontré sa compagne « en prison et ils projetaient de se marier ». « Il avait écrit à quelqu’un après sa conversion pour qu’on lui trouve une épouse », a-elle indiqué à l’AFP.

Converti à l’islam en 2010, Chiolo a été condamné en appel fin 2015 à 30 ans de réclusion criminelle pour enlèvement, séquestration suivie de mort et vol avec arme, puis à un an d’emprisonnement pour apologie publique d’acte de terrorisme.

Il avait été reconnu coupable, avec un complice, d’avoir séquestré, « momifié » et finalement étouffé un octogénaire chez lui.

Les deux hommes s’étaient rendus le 17 avril 2012 au domicile de Roger Tarall, 89 ans, à Montigny-lès-Metz (Nord-est), pour le cambrioler. Le vieil homme avait été ligoté et bâillonné, son visage emballé dans des bandes médicales, tandis que les voleurs procédaient à la fouille de son appartement. Roger Tarall était mort asphyxié.

En novembre 2015, Michaël Chiolo a été condamné à un an de prison ferme pour avoir demandé à ses codétenus de « rejouer » l’attaque de la salle de concert du Bataclan à Paris (où 90 personnes ont été tuées le 13 novembre 2015 lors d’une attaque terroriste) dans la cour de la maison d’arrêt.

Le centre de Condé-sur-Sarthe, « l’un des deux établissements français les plus sécuritaires », accueille 110 détenus pour 195 places, selon Mme Belloubet.

En janvier 2018, la profession avait mené pendant trois semaines un vaste mouvement de mobilisation en France –le plus important depuis un quart de siècle– après l’agression d’un de leurs collègues par un détenu jihadiste dans une prison du nord du pays.

« Soutien total aux surveillants pénitentiaires, qui subissent de plein fouet l’islamisme. La situation de nos prisons est suffisamment tendue pour que le gouvernement n’y ajoute pas le retour des jihadistes +français+! » partis en Irak et en Syrie, a réagi mardi la présidente du rassemblement national (extrême droite) Marine Le Pen.

Vouloir « venger » Chérif Chekatt

Le détenu qui a grièvement blessé deux surveillants à la prison de Condé-sur-Sarthe a affirmé « vouloir venger » l’auteur de l’attentat du marché de Noël de Strasbourg, a annoncé mardi soir le procureur de la République de Paris.

« Il est ressorti très vite des premiers témoignages que le détenu, en se jetant sur les surveillants pénitentiaires avait crié Allah Akbar, qu’il disait vouloir venger Chérif Chekatt, l’individu mis en cause dans l’attentat commis à Strasbourg le 12 décembre 2018 », a indiqué Rémy Heitz lors d’un point-presse sur place.

Source : Le Vif

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