Nanterre : le centre de semi-liberté veut se faire accepter des riverains

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Nanterre, ce mercredi 27 mars 2019. Le tout nouveau bâtiment du service pénitentiaire d’insertion et de probation des Hauts-de-Seine à ouvert exceptionnellement ses portes au public pour rassurer les riverains inquiets par rapport à l’afflux de détenus notamment dans le quartier de semi-liberté qui lui est accolé.

Le quartier de semi-liberté pourra accueillir 92 détenus à partir du 15 mai. Pour rassurer la population, le service d’insertion et de probation, dont le nouveau siège se trouve dans le même bâtiment, a ouvert ses portes au public.

De la pédagogie pour se faire accepter. Avec son architecture moderne et sa couleur « rouille », le bâtiment imposant et flambant neuf détonne dans le quartier du Chemin-de-l’Île à Nanterre. Et de par sa nature, il inquiète les riverains. Car il héberge le premier quartier de semi-liberté (QSL) et le siège du service pénitentiaire d’insertion et de probation des Hauts-de-Seine (Spip 92). C’est pour tenter de dissiper certaines peurs que le Spip 92 a ouvert ses portes aux habitants ce mercredi.

Des dizaines de riverains, notamment des familles avec jeunes enfants, ont défilé dans les nouveaux locaux de 4 000 m². Ils y ont rencontré les différents personnels qui interviennent au quotidien auprès de personnes placées sous la main de la justice. « L’idée de cette journée était de déconstruire les fantasmes et baisser les craintes et appréhensions tout à fait légitimes des riverains », explique Laurent Ludowicz, directeur du Spip 92.

« C’est lamentable de mettre un centre de semi-liberté dans un quartier qui est déjà défavorisé »

Cette structure suit 2 900 personnes en milieu ouvert (liberté conditionnelle, bracelet électronique, suivi sociojudiciaire,…) et 1 060 personnes incarcérées à la maison d’arrêt de Nanterre. Désormais, il faudra d’ailleurs parler de centre pénitentiaire des Hauts-de-Seine, en raison de l’ouverture le 15 mai prochain du QSL, qui pourra accueillir 92 détenus.

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Nanterre, ce mercredi 27 mars 2019. Les locaux du tout nouveau quartier de semi-liberté pourront accueillir 92 détenus théoriques à partir du 15 mai./LP/M.L.

 

« C’est lamentable de mettre un centre de semi-liberté dans un quartier qui est déjà défavorisé et qui connaît beaucoup de délinquance », peste Joséphine, une riveraine, déçue de ne pas avoir pu visiter les locaux du QSL pour en vérifier la sécurité. Pourtant, « le QSL reste un lieu privatif de liberté », insiste Laurent Ridel, directeur interrégional des services pénitentiaires de Paris.

« Aucune fenêtre de cellule ne donne sur l’extérieur »

Les chambres de 9 à 12 m², que nous avons pu visiter, sont de vraies cellules de prison, avec portes blindées, serrures ultra-sécurisées et barreaux aux fenêtres. « Aucune fenêtre de cellule ne donne sur l’extérieur », précise Anne Drouche, directrice de la prison de Nanterre.

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Nanterre, ce mercredi 27 mars 2019. Aucune fenêtre de cellule ne donnera sur l’extérieur. LP/M.L.

La « zone d’activité » – bibliothèque, salle de musculation, réfectoire – est vitrée et donne sur la cour intérieure sécurisée avec des barreaux. 15 surveillants y seront rattachés. « Beaucoup pensent que la population pénale qui va circuler à Nanterre va augmenter mais elle restera la même en réalité », veut rassurer Elodie, conseillère pénitentiaire d’insertion et de probation.

Car l’objectif principal du QSL est de désengorger la prison de Nanterre qui compte 1 040 détenus pour 592 places. Pour l’ensemble de la direction des services pénitentiaires, cette ouverture, attendue depuis une dizaine d’années, était indispensable. « Cela fera du bien, tous nos quartiers de semi-liberté sont pleins et il n’y avait pas du tout ce type d’établissement dans les Hauts-de-Seine et il n’y en a pas non plus dans le Val-d’Oise, remarque Laurent Ridel. En dehors des Yvelines, il y avait un vrai besoin dans l’Ouest parisien. »

Pour le directeur interrégional, « la semi-liberté est un des secteurs où le surencombrement est un moindre mal ». Pas encore ouvert, le QSL risque donc vite, à son tour, d’être en situation de suroccupation.

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Nanterre, ce mercredi 27 mars 2019. Une cellule double de 12 m² avec douche./LP/M.L.

QUI SERA PLACÉ AU CENTRE DE SEMI-LIBERTÉ ?

La semi-liberté est une mesure d’aménagement (comme la surveillance électronique) de peine qui permet à une personne condamnée de quitter l’établissement pénitentiaire où elle est écrouée.

Les détenus qui entreront au quartier de semi-liberté pourront être des condamnés en fin de peine repérés par la maison d’arrêt. Typiquement, ceux qui ont le « profil du méritant », selon Anne Drouche, directrice de la prison de Nanterre. Ou bien des condamnés à des peines inférieures à deux ans de prison.

Suivis par le Spip, les concernés devront rejoindre le centre de semi-liberté le soir, conformément aux heures et dates fixées par un magistrat. Cette mesure permet aux personnes condamnées de poursuivre une activité professionnelle, de suivre un enseignement, une formation, d’effectuer un stage, une recherche d’emploi, de participer à leur vie de famille ou de suivre un traitement médical tout en exécutant leur peine.

Source : Le Parisien

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