Sur les murs de sa cellule à Tours, des appels à la mort de policiers

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Il proférait ses menaces à l’encontre d’une brigadière de Tours au stylo sur les parois du quartier des arrivants. Anouar a écopé de 18 mois de prison ferme.

Des mots plus violents les uns que les autres. Des insultes puis des menaces glaçantes prises très au sérieux dans les étages du commissariat de Tours. Anouar, 21 ans, a été entendu mercredi pour outrage et menaces de morts formulées à l’encontre de dépositaires de l’autorité publique. Dans sa mire : trois policiers, assis sur le banc de la partie civile, et une surveillante pénitentiaire.

Une surenchère d’outrages dont le sommet a été atteint le 29 janvier, dans la cellule n° 4 du quartier des arrivants de la maison d’arrêt de Tours. Là, le prévenu a laissé s’exprimer sa rage sur les murs du réduit de 9 m2. « J-470 avant tes funérailles, écrit-il au stylo, en visant la brigadière de police chargée de son audition. Je te traquerai, je vais chercher tes enfants, te découper à la scie, te dépecer comme un mouton. »

Silence de mort et stupeur dans la salle d’audience à la lecture des faits par la présidente du tribunal, Christine Blancher. Les trois fonctionnaires fixent le prévenu, debout dans son box. La colère et la détresse habitent leurs regards.

En janvier, la garde à vue n’avait été qu’une succession d’intimidations et de menaces. Anouar était alors interrogé pour une affaire d’agressions commises sur des femmes à Joué-lès-Tours en décembre (*). Devant les policiers, « des insultes très sexualisées, au-delà de la fonction de policier, qui atteignent également la personne », pointe Christine Blancher.

Les menaces de mort suivent. Et se poursuivent à son arrivée rue Henri-Martin. Trois prévenus cohabitent dans la cellule. Anouar, lui, conteste être à l’origine des écrits. « Je ne passe pas par les murs pour dire ce que je pense », grommelle-t-il.
« On va bientôt entendre parler de moi sur BFM »Pourquoi s’est-il laissé aller à un déferlement d’insultes lorsqu’il était entendu au commissariat ? « Un manque de réflexion et de maîtrise de ma part », concède-t-il, en ajoutant avoir été « outré des accusations portées injustement à mon encontre »« C’était de la calomnie Madame la Présidente ! »

Le discours contraste avec l’attitude décrite lors de ses confrontations avec la police. Une preuve d’intelligence qui ajoute à l’incompréhension suscitée par d’autres inscriptions nébuleuses retrouvées dans sa cellule. « Des choses comme Merah, Fofana, Coulibaly. Avec des cœurs », détaille l’instruction.

Des références qui donneraient corps à son « On va bientôt entendre parler de moi sur BFM, vous savez pourquoi », lancé aux policiers lors de son audition. Les mots « attentats » et « terrorisme » sont lâchés par le tribunal.

Non, ce procès n’est pas le sien : « Je n’ai jamais approuvé ce que ces gens ont fait », jure-t-il au micro, renouvelant ses excuses à destination des fonctionnaires.

« Bipolaire », selon ses termes, brevet de technicien supérieur en poche, Anouar joue l’homme dépassé. Par un état second et un excès de violence qu’il s’efforcerait désormais de contenir.
Devant un arsenal de policiers venus fleurir les bancs du public par solidarité envers leurs collègues cités, il a été condamné à vingt-quatre mois de prison, dont six avec sursis, mise à l’épreuve.
Un bail supplémentaire à la maison d’arrêt, où il purge depuis le 30 janvier une peine de dix-huit mois pour récidive de vol aggravé.

(*) Il a été condamné quelques semaines plus tard à une peine de dix-huit mois de prison.

Source : La Nouvelle République

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