Sequedin La première Unité pour détenus violents de France accueille son premier détenu

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La première Unité pour détenus violents (UDV) de France accueille ce mardi son premier élément. La pénitentiaire veut y développer une nouvelle façon d’appréhender la violence en milieu carcéral, pour sortir le prisonnier de son schéma de violence.

Annoncée pour début décembre 2018, l’ouverture de l’UDV du centre pénitentiaire de Sequedin avait été reportée devant la levée de boucliers des syndicats de surveillants qui avaient dénoncé un manque de préparation. Ils étaient pour cette unité qu’ils avaient réclamée après les mouvements de janvier 2018, mais pas au prix de leur sécurité. La direction pénitentiaire a réalisé des travaux et formé les surveillants, et le premier détenu (dont on ignore l’identité) est arrivé ce mardi. Nous avons visité la première UDV de France avant qu’il n’entre dans sa cellule.

L’unité est installée au rez-de-chaussée du Quartier d’évaluation et de prise en charge (Qepec) dans l’ancien quartier pour mineurs. Elle est ainsi séparée du reste de la prison. Dix cellules y ont été aménagées, pour dix détenus. Car, à la différence du reste de la prison, les prisonniers seront seuls dans leur cellule. Seuls, mais entourés. L’administration veut mener un travail ressemblant à celui des quartiers de prise en charge de la radicalisation : un travail avec les prisonniers individualisé, personnalisé et pluridisciplinaire.

Un suivi en équipe

Chaque détenu sera suivi par une équipe composée d’un psychologue, de deux conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation (CPIP) et encadré, au quotidien, par trois surveillants. Outre des activités sportives, il participera à des ateliers comme de la médiation animale avec des chiens, suivra des séances de photolangage (une technique de médiation dans laquelle on utilise des photos pour amener la personne à s’exprimer), voire de yoga. « L’objectif sera d’évaluer le risque d’un nouveau passage à l’acte violent en détention et la prise en charge en vue d’un désengagement de la violence, indique Romain Peray, sous-directeur des missions à la direction de l’administration pénitentiaire. Nous avons voulu créer des instruments pour compléter le dispositif de réponse aux violences ordinaires. » En France, environ 4 500 violences physiques graves sont commises chaque année sur le personnel. Pas moins de 8 500, du crachat à l’agression avec arme, entre détenus.

Le séjour en UDV ne dépassera pas neuf mois. Les détenus seront évalués une première fois au bout de trois mois, puis une seconde fois après six mois. Et ils ne pourront rester trois mois de plus qu’à titre dérogatoire avant de retourner en détention classique. L’UDV est une sorte de sas de décompression et de travail sur soi.

Un objectif de 10 UDV en France en 2019

Fin 2017, quelques semaines avant l’agression de Vendin-le-Vieil qui a déclenché la colère des surveillants, dans le cadre de sa politique de lutte contre les violences en détention, le ministère de la Justice a recruté un anthropologue pour repérer ce qui se faisait sur le sujet dans d’autres pays et identifier les causes de violences. Il en a dénombré vingt-cinq et son étude sera publiée pour servir au personnel pénitentiaire.

L’unité pour détenus violents de la prison de Sequedin est la première de France. « Nous sommes dans une phase d’expérimentation ici, indique Romain Peray. Parce que nous profitons de l’expérience du Centre national d’évaluation installé dans la prison. Mais l’objectif, pour commencer, est d’ouvrir une UDV par direction interrégionale. En 2019, dix seront créées. Après Sequedin, des unités ouvriront à Strasbourg, Dijon, Marseille et dans la région parisienne. »

Des conditions de sécurité accrues dans les cellules

Les travaux qui ont été réalisés ont visé principalement à la sécurisation.Chacune des dix cellules est équipée d’un passe-menottes (demande prioritaire des syndicats). Avant l’ouverture de porte, le détenu y passe les mains. Le surveillant lui pose les menottes et ouvre ensuite la porte. Il peut ensuite réaliser une fouille par palpation et passer le détenu au magnétomètre.

À l’intérieur, le mobilier est scellé. La fenêtre donnant sur la cour de promenade est en plexiglas, protégée par des barreaux et un grillage pour empêcher des jets d’objets. La télévision accrochée au mur est dans un globe en plexiglas inspiré des cellules antisuicide (ou cellule de protection d’urgence) qui existent dans d’autres prisons. Les boules de portes-manteaux sont en caoutchouc. Les sanitaires sont en résine et pas en faïence. On est bien dans une unité dédiée à des détenus différents des autres.

Par ailleurs, les surveillants seront équipés de gilets pare-lame et de gants anticoupures. Le niveau de sécurité se situe entre le quartier disciplinaire et le droit commun.

Source : La Voix du Nord

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