Prison : une série d’évasions en quelques jours

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Entre le 23 et le 28 mai, six détenus ont profité d’hospitalisations ou d’extractions médicales pour s’évader. Une série qui interroge sur la sécurisation de ces transferts.

Ici, un détenu qui prend la poudre d’escampette en prétextant un besoin naturel. Là, deux prisonniers qui s’emparent de la clé d’une infirmière pour s’échapper de l’hôpital. Des évasions qui n’ont rien d’une belle spectaculaire à la Redoine Faïd, mais dont le nombre interpelle : en l’espace de six jours (du 23 au 28 mai), pas moins de six personnes incarcérées dans plusieurs prisons de France se sont enfuies, profitant d’hospitalisations ou d’extractions médicales et judiciaires.

« C’est une loi des séries inexplicable, dont on ne peut tirer de conclusion générale, tant les cas sont différents », assure Youssef Badr, porte-parole du ministère de la Justice. Un record enregistré en une semaine, alors que le nombre d’évasions comptabilisées en 2018 était de huit entre janvier et mai, dix sur l’ensemble de l’année.

Ce samedi après-midi, l’un des six fugitifs a été interpellé à Nîmes (Gard) après une courte cavale de quatre jours. Écroué pour vols aggravés à Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault), Mickaël G., trentenaire, était sous le coup d’une mesure d’hospitalisation d’office, à l’unité psychiatrique de La Colombière de Montpellier, lorsqu’il s’est évadé avec un autre détenu. Celui-ci était encore recherché. Mickaël G. a quant à lui été réhospitalisé.

Les hôpitaux «pas toujours sécurisés»

Aucun des fugitifs n’était suivi au titre de la radicalisation. Ils affichent plutôt des profils de petits délinquants, à l’exception de Yassine A., un homme de 26 ans mis en examen pour le meurtre de son épouse. Il devait être jugé aux assises fin juin et a profité, mardi, d’un déplacement de sa prison de Saint-Quentin-Fallavier (Isère) vers l’hôpital de Lyon-Sud pour s’enfuir. Après avoir passé une échographie pour une supposée déchirure à la cuisse, il a faussé compagnie à son escorte sur le parking et enjambé un mur de l’établissement. Dans un communiqué, le syndicat Ufap-Unsa s’est interrogé sur une possible erreur dans l’évaluation de sa dangerosité.

« Comme il est rare et compliqué de s’évader par les murs d’une prison, les détenus profitent des extractions médicales, relève Jean-François Forget, secrétaire général de l’Ufap-Unsa. Les hôpitaux ne sont pas toujours sécurisés, par souci de la confidentialité médicale, et lorsqu’on fait appel aux forces de l’ordre pour des transferts, celles-ci ne viennent plus, considérant que ce n’est pas leur travail. »

Depuis la loi justice du printemps, les surveillants pénitentiaires peuvent être armés lors de ces transferts. Ce qui n’empêche pas les défaillances de surveillance : l’un des six fugitifs, Gilles L., a prétexté un besoin d’uriner en chemin vers le tribunal d’Alès pour s’enfuir dans les champs, menotté et entravé… Les trois gardiens qui l’escortaient, armés, n’ont pu le rattraper.

Source : Le Parisien

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