Prisons : le rapport de l’OIP qui dénonce les violences des surveillants, à Seysses et ailleurs

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Dans un rapport publié ce lundi, l’observatoire international des prisons explique que l’usage de la violence est de plus en plus systématique dans les prisons de France. Pointé notamment du doigt, l’établissement de Toulouse-Seysses où deux détenus se sont suicidés il y a un an.

La prison de Toulouse-Seysses se retrouve encore une fois ce lundi sous le feu des critiques. Bien sûr il y a la question de la surpopulation carcérale : avec 600 places officiellement mais plus de 1 000 détenus en fait, cette maison d’arrêt (ndlr : la quatrième plus grande de France) connaît de nombreux problèmes. Mais aujourd’hui, c’est un rapport de l’OIP, l’observatoire international des prisons qui est rendu public et qui montrerait que dans de nombreux établissements dont Seysses, les violences contre les détenus de la part des surveillants auraient tendance à se développer.

La violence utilisée comme système quotidien

L’organisation qui milite pour le respect des droits des détenus partout dans le monde ne donne pas de chiffres officiels, mais une réalité qui émanerait des nombreux témoignages reçus par ses correspondants.

« Nous savons (…) que le Défenseur des droits a traité, en 2018, autour de 250 saisines mettant en cause des personnels de surveillance. Environ 62 % d’entre elles concerneraient des violences. De son côté, l’OIP a reçu près de 200 signalements en deux ans. S’il est difficile de faire parler ces quelques données, elles témoignent a minima du fait que les violences perpétrées par des personnels pénitentiaires ne sont pas exceptionnelles » (extrait du rapport de l’OIP publié ce lundi)

L’utilisation de cette violence entraînerait le désespoir de certains détenus. On se souvient que dans la prison toulousaine il y a un peu plus d’un an, en avril 2018, deux détenus avaient été retrouvés pendus au sein du quartier disciplinaire le même jour. Un drame qui avait provoqué une mobilisation des autres détenus et même des émeutes dans le quartier du Mirail à Toulouse.

Le rapport pointe du doigt la banalisation de ces violences des agents pénitentiaires et surtout le fait qu’aucune transparence n’existe sur ces faits. François Besse, l’un des correspondant permanents de l’OIP qui reçoit les témoignages sur Seysses, estime que la violence est devenue une composante du travail des agents : « Ou il s’agit d’une situation qui dérape avec des agents qui ne sont pas en mesure de se maîtriser alors que ça devrait être intégré dans leur profession, ou dans certains cas -heureusement rares- des personnels qui ont instauré cette pratique de frapper les détenus et qui s’en donnent à cœur joie on va dire« .

Pour Pierre Soudier-Miquel, secrétaire de l’UFAP-UNSA à Seysses, oui la violence existe en milieu carcéral, mais d’abord du côté des détenus : « La détention elle est violente, on ne peut pas dire le contraire. Ce sont les détenus qui utilisent cette violence comme un système (…) On a des détenus qui sortent les pieds devant de la promenade. Donc nous on s’interpose. Il y a pas longtemps on a sauvé trois détenus qui allaient se faire lyncher. On a pris des risques pour les sortir. Ça me blesse. Nous on lutte tous les jours contre cette violence mais on est parfois obligé de s’en servir, dans un cadre réglementaire et réglementé« .

Les suicides de deux détenus il y a un an : inspection réalisée ou pas ?

L’OIP s’indigne d’autant plus à propos de Seysses qu’aucune inspection n’aurait été diligentée depuis un an et les suicides de deux détenus le même jour. Ce n’est pas vrai selon Pierre Soudier-Miquel, du syndicat de surveillants UFAP-UNSA : « Si, il y a eu beaucoup d’inspections croyez-moi, beaucoup de collègues ont été entendus, il y a eu deux autopsies. Malheureusement, beaucoup de détenus ont compris qu’en faisant semblant de se pendre on sortait du quartier disciplinaire (…) Certains en sont morts« .

Ce sont donc deux interprétations radicalement opposées qui sont faites sur la situation de violence dans les prisons. C’est peut-être aux parlementaires de Haute-Garonne d’intervenir. Ils ont un droit de regard sur les prisons de leurs circonscriptions et peuvent s’y inviter quand ils le souhaitent.

Source : France-Bleu

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