Laon: après l’agression de samedi, les surveillants mobilisés

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Lundi matin, les surveillants se sont mobilisés en réaction à l’agression d’une infirmière. Le détenu mis en cause était lui présenté devant le tribunal.

Un long panache de fumée s’élève dans le ciel, du côté de la Cité des cheminots. Une quinzaine de surveillants du centre pénitentiaire de Laon sont depuis le matin, devant l’établissement pour protester après l’agression dont a été victime une infirmière, samedi matin. Ces hommes et ces femmes attendent la sortie des délégués, reçus par la direction. Dehors, les représentants régionaux du syndicat FO et de l’UFAP-UNSA reviennent sur la genèse des événements du week-end. « On a un détenu dont le profil est assez classique mais qui souhaite changer d’établissement car il rencontre des difficultés avec ses co-détenus. Des surveillants signalent ce détenu, mais la direction n’en tient pas compte », explique un surveillant. Samedi, transféré à l’infirmerie, il agresse l’infirmière. « Il a tenté de lui planter un stylo à bielle dans le cou, heureusement elle a réussi à esquiver et l’a pris dans le bras », poursuit le surveillant.

“On constate que ce que fait remonter le personnel n’est pas pris en compte”

Yannick Lenglet, délégué régional Force ouvrière pointe la responsabilité de la direction dans cette affaire. « Quand j’entends le discours tenu ce matin, par le directeur devant le piquet, je comprends que les agents se sentent abandonnés, explique-t-il. C’est la première fois que j’arrive sur un site et que je vois un directeur dans l’inaction. »

Pour le syndicaliste les revendications sont simples. « Nous demandons le départ du directeur et de son chef de détention, nous voulons que les faits soient requalifiés en tentative d’homicide, le geste pour nous est prémédité. Enfin, nous réclamons le transfert de plusieurs détenus qui posent problèmes. »

Du côté de l’UFAP-UNSA, Joris Ledoux rappelle qu’on n’en est pas à la première agression. « Ce que fait remonter le personnel n’est pas pris en compte par la direction. Ce détenu avait été placé en cellule, puis le médecin psy est passé le voir, la direction a choisi de le remettre en détention classique, il a harcelé tout le monde avant d’annoncer son intention d’en découdre. » Pour le délégué régional, il est urgent que le directeur et le chef de détention prennent leurs responsabilités.

À l’issue de leur entretien avec la direction, les délégués ont pu faire part de certaines avancées. « Des ordres de transfert ont été donnés, plusieurs détenus vont changer d’établissement. » De son côté, le directeur du centre pénitentiaire, Laurent Milbled met en avant la surpopulation de l’établissement, « on a encore 5 ou 6 matelas à terre dans les cellules », et la population particulièrement difficile pour justifier l’ambiance un peu tendue. « Concernant la situation à l’intérieur du centre, les surveillants ont toujours de bonnes analyses, nous devons prendre en compte leurs avis, d’ailleurs des ordres de transfèrements ont été donnés, plusieurs prisonniers ont quitté ou quitteront dans les prochains jours le centre pénitentiaire de Laon. » Le calme devrait pouvoir revenir, rue des Epinettes.

Source : L’Union

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