Une jeune fille agressée au marteau par un détenu en semi-liberté à Nouméa

Un homme a été reconnu coupable d’avoir frappé avec une massette une jeune fille de son âge, il y a une semaine, parce qu’elle avait refusé de commettre un vol pour lui. La victime a failli mourir.

Elle a été retrouvée inanimée en pleine rue, dans le quartier de Rivière-Salée. La semaine dernière, mardi, une jeune femme a été évacuée au Médipôle dans un état grave après avoir reçu un coup de massette en pleine tête. Son agresseur a été confondu le lendemain des faits et interpellé… au Camp-Est. Car ce jeune homme de 19 ans avait pris la fuite avant que les secours n’arrivent, pour rejoindre la prison de Nouville où il est détenu en semi-liberté. Les policiers n’ont eu qu’à le cueillir dans sa cellule pour le placer en garde à vue. Jugé hier devant le tribunal correctionnel de Nouméa, le garçon a juré aux magistrats ne pas avoir « voulu lui faire de mal. Je connais la victime depuis longtemps, c’est une fille du quartier. Ce n’est pas elle que je visais ».

« Ses regrets sont sincères »

Ce mardi 9 juillet, vers 16 heures, la victime marche seule dans la rue du Dr Paul-Tollinchi pour rejoindre une amie à Kenu-In. Sur le chemin, elle croise une bande de cinq ou six garçons de son âge. L’un d’entre eux la connaît et s’empresse d’aller la voir. « Je lui ai demandé si elle avait des pièces. Elle n’a pas voulu m’en donner. Je lui ai ensuite dit de voler une bouteille d’alcool au supermarché pour moi », raconte le prévenu. La jeune fille refuse la proposition. Elle décrit le garçon comme « stone et alcoolisé ». Elle tourne alors les talons pour continuer son chemin. Soudain, un grand choc. Et le trou noir. La victime vient de recevoir un coup de marteau au niveau de sa tempe gauche. « Elle a été retrouvée allongée par terre inconsciente. Elle avait des convulsions. Elle avalait sa langue. Vous comprenez qu’elle a failli mourir », décrit la présidente du tribunal, Évelyne Camerlynck. La victime n’ouvrira les yeux que plus tard, dans le véhicule des secours avec une douleur insoutenable à la tête. Le prévenu se défend en expliquant qu’il a jeté l’outil « sur un copain » avec qui il s’était disputé quelques minutes auparavant pour « l’impressionner ». Et qu’il ne voulait absolument pas toucher la jeune fille. « Ce n’était pas un tir tendu mais en cloche », plaide l’avocat de la défense, Me Frédéric Daubet-Esclapez.

Le tribunal s’interroge sur la version du prévenu. Après s’être enfui, il a, en effet, changé sa coupe de coiffure et de vêtement pour ne pas être repéré avant de rejoindre la prison. « Ses explications ne tiennent pas, il ment, tonne le procureur de la République, Hervé Ansquer. Il a eu très peur : non pas pour la victime qui s’en sort miraculeusement sans séquelle mais parce qu’il s’est vu jugé devant les assises. » Insistant sur le fait que l’agresseur était détenu en semi-liberté et que par son geste, « il a trahi la confiance de la justice », le représentant du ministère public requiert la peine de quatre ans d’enfermement.

« Il ne pouvait pas mieux se tirer une balle dans le pied », avoue Me Daubet-Esclapez qui demande à la juridiction de « ne pas l’accabler. C’est un garçon cabossé par la vie. Ses regrets sont sincères ». Le jeune homme a finalement été condamné à la peine de deux ans de prison dont six mois avec sursis mise à l’épreuve. Le tribunal a ordonné son maintien en semi-liberté. Il a dorénavant l’obligation de suivre une formation ou de trouver un emploi et l’interdiction d’apparaître à Rivière-Salée. Quant à la victime, elle a affirmé qu’elle avait passé une batterie de tests lors de son hospitalisation, qu’aucune séquelle n’avait été décelée par les médecins et qu’elle se portait mieux.

 

La semi-liberté, un régime particulier

La semi-liberté est une mesure d’aménagement de peine sous écrou qui permet aux personnes incarcérées de quitter le Camp-Est pendant la journée pour exercer un métier, suivre une formation ou rechercher un emploi. Dès que l’activité est terminée, la personne a l’obligation de regagner la prison où elle y passe la nuit. Ce régime particulier est très encadré notamment les horaires d’entrée et de sortie qui sont définis par le juge d’application des peines. Tout le monde ne peut pas bénéficier de cette mesure : le code de procédure pénale ne permet qu’aux condamnés à une peine inférieure ou égale à deux ans de prison et à ceux pour lesquels la durée de la détention restante est inférieure ou égale à deux ans d’en bénéficier. Enfin, pour les personnes qui ne respectent pas « la semi », le juge peut retirer la mesure. Le non-respect des horaires est considéré comme une évasion et entraîne des poursuites devant le tribunal.

Source : Les Nouvelles Calédoniennes

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