Belloubet dénonce l’état «pas acceptable» d’une prison tahitienne

La ministre de la Justice Nicole Belloubet, en déplacement en Polynésie, a dénoncé l’état déplorable de la maison d’arrêt de Nuutania, à Tahiti, qualifiant l’état de certaines cellules de «pas acceptable», et s’est engagée à des rénovations.

Depuis l’ouverture d’un autre établissement en 2017 à Tatutu, cette prison vétuste et surpeuplée est réservée aux prévenus, aux courtes peines et à 17 femmes incarcérées dans un quartier distinct. Elle est occupée à 150%. «Il y a des quartiers qui ont été rénovés par les détenus eux-mêmes (…). En revanche, là où ça n’a pas été rénové, ce n’est pas acceptable», a déclaré à la presse la Garde des Sceaux dimanche, après avoir visité Nuutania.

Les murs couverts de peinture écaillée, et parfois de moisissures, témoignent de conditions de vie difficiles, à la fois pour les surveillants et les détenus. Plusieurs d’entre eux ont obtenu des indemnisations pour leurs conditions de détention. «Cela donne une impression terrible quand on arrive», a admis Nicole Belloubet. Elle a rapporté à l’AFP avoir échangé avec des détenus vivant «à quatre dans une cellule de 10 à 12 mètres carrés, à l’état de vétusté apparent, parce que non rénovée». Elle note aussi que chez les femmes, les cellules sont sombres et l’intimité «inexistante».

«La question est de savoir si on rénove, si on reconstruit. Le schéma directeur va nous le dire de façon définitive. Nous l’attendons d’ici à la fin de l’année», a-t-elle promis. Nicole Belloubet s’est par ailleurs engagée sur le transfert des femmes détenues dès le mois d’octobre. Si les chiffres globaux de la délinquance n’augmentent pas en Polynésie, les magistrats ont attiré l’attention de la ministre de la Justice sur l’augmentation du trafic de drogue, de méthamphétamines en particulier, ces dernières années, avec une consommation en forte hausse, de nouveaux réseaux et La création de laboratoires locaux.

Les violences intrafamiliales, sur les femmes et les enfants, préoccupent aussi la justice. Nicole Belloubet souhaite mieux faire connaître leurs droits aux femmes, développer le téléphone «grave danger» et augmenter la capacité du centre d’accueil déjà existant à Tahiti.

Source : Le Figaro

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