Troisième incident à la prison de Valenciennes: «l’alarme n’a pas fonctionné»

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Troisième incident en dix jours à la prison de Valenciennes. Après un début d’incendie le 13 août et une agression sur un agent trois jours plus tard, un nouveau feu s’est déclaré dans la cellule d’un détenu placé en quartier disciplinaire, ce vendredi vers 21 h.

« C’est malheureusement notre quotidien », confie, fataliste, Thierry Tesson, le surveillant qui est intervenu juste à temps vendredi soir. « Je faisais ma ronde et j’ai vu comme de la bruine dans la coursive ». Il assure que « l’alarme (incendie) n’avait pas fonctionné », alors il s’est approché, après avoir déverrouillé plusieurs portes. Voyant de la fumée se dégager d’une cellule, il n’a pas hésité à braver ce brouillard toxique pour venir au secours du détenu. Un collègue est intervenu, entre temps, avec un extincteur. Il a éteint le feu qui ravageait la housse du matelas. « On a mis aussi en route le ventilateur pour évacuer la fumée et éviter qu’elle ne se propage aux autres cellules ».

Intoxiqués

Quand les pompiers sont arrivés, ils ont pris en charge ce surveillant ainsi que le détenu, âgé de 44 ans. Ils avaient été suffisamment intoxiqués pour que leur état nécessite un transport au CHR de Lille  : « J’avais un taux (de carboxyhémoglobine dans le sang) de 44 %, le détenu deux fois moins, 22 %, relate l’agent pénitentiaire. J’avais la tête qui tournait, des envies de vomir… Ils ont failli me placer dans un caisson hyperbare », pour rétablir un taux d’oxygène normal. Il a pu vite rentrer chez lui, mais se retrouve depuis en repos forcé, en accident de travail, pour quelques jours.

« Je ne suis à Valenciennes que depuis juillet 2018, mais je peux vous dire que c’est vraiment triste ici, plus pauvre aussi »

« Oui ma femme m’a engueulé quand je l’ai appelée du CHR », raconte Thierry Tesson, qui sait combien il exerce un métier difficile, propre à inquiéter ses proches. « J’ai pensé à mon gamin de 8 ans... ». À 36 ans, il compte déjà dix-sept ans d’expérience comme surveillant : « J’ai travaillé à la prison de la Santé à Paris, à Loos, à Annoeuillin… Je ne suis à Valenciennes que depuis juillet 2018, mais je peux vous dire que c’est vraiment triste ici, plus pauvre aussi ».

Délégué syndical CFTC, il pointe du doigt, comme son camarade de l’UFAP-UNSA le 15 août dernier, des « locaux vétustes… », la surpopulation carcérale (347 détenus pour 212 places). Des conditions encore plus dures à vivre l’été  : « Avec la chaleur, tout le monde est électrique ». Ce détenu, vendredi soir, « nous avait prévenus.«Ça va être carnaval», disait-il » Il s’était enveloppé dans des serviettes humides avant de mettre le feu au matelas. Un acte de provocation, selon le surveillant, pas un geste suicidaire.

Nous avons tenté en vain ce samedi de joindre l’administration pénitentiaire.

Des allumettes dans la cellule?

Mais comment ce détenu a-t-il allumé ce feu ? « Ben, il avait des allumettes…, explique le syndicaliste. Les détenus fument, et on ferme les yeux, pour maintenir la paix sociale ». Lui et ses camarades ont également alerté leur hiérarchie sur le défaut de l’alarme incendie qui aurait pu avoir de graves conséquences : « C’est vrai qu’à dix minutes près, c’était peut-être trop tard. Comme me l’ont expliqué les pompiers, ce sont les fumées qui tuent ».

Source : La voix du Nord

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