L’inquiétude de la radicalisation dans les prisons réunionnaises

En déplacement sur notre île, Jean-François Forget, secrétaire général UFAP UNSA Justice vient régulièrement faire l’état des lieux des structures pénitentiaires de La Réunion. L’occasion de faire le point sur les problématiques rencontrées sur notre département lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée à la maison d’arrêt de Cayenne à Saint-Pierre hier.

UNSA. Dans l’hexagone, le grand public entend souvent parler de la surpopulation carcérale.“Paradoxalement, il n’y a pas de surpopulation à La Réunion. À côté de cela, tout n’est pas réglé car nous attendons toujours un engagement sur la création d’un établissement de détention sur le Sud de l’île.

Car il faut savoir que dans la configuration actuelle, Saint-Pierre n’est qu’une maison d’arrêt, à différencier avec un centre de détention. Une maison d’arrêt ne peut recevoir que des détenus qui ne sont pas encore jugés ou qui sont condamnés à des peines inférieures à deux ans. Sur l’île, seuls Le Port et Domenjod sont des centres de détention. “Pour l’instant, on peut se dire que si rien n’est fait, il n’y aura rien sur le Sud du département avant 15 ou 20 ans. Certes nous n’avons pas de surpopulation pour le moment, mais la situation pourrait bien évoluer”, déplore Jean-François Forget.

Car la collaboration régionale place également Mayotte au cœur des différentes problématiques qui impactent La Réunion. Dans le contexte actuel, les prisonniers dont la prise en charge se révèle épineuse sont transférés de facto sur notre île. “Le désencombrement se fait de manière unilatérale. Le sujet n’est pas que pénitentiaire, les dérives du système et le manque de moyens alloués à Mayotte viennent forcément fragiliser les trois établissements de La Réunion. Pour le moment, nous arrivons à colmater mais jusqu’à quand ? Il faut mettre en place des objectifs sur le long terme”, déplore Jean-François Forget.

Une autre ombre au tableau, la question de la prise en charge des détenus violents et des détenus radicalisés. “L’administration a longtemps été dans le déni en affirmant que le sujet de la radicalisation n’était pas d’actualité au niveau de l’océan Indien. Par la force des choses, ils ont été obligés de faire le constat. Il y a des cellules dormantes et nous demandons le transfert immédiat de ces détenus identifiés que nous n’avons pas les moyens de garder vers la métropole. Nous devons aussi avoir sur le département une unité étanche pour prendre en charge ces détenus radicalisés. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas et ils sont gérés comme le commun des mortels au cœur de la détention”, souligne le secrétaire général, qui dénonce une menace pour la sécurité des agents pénitentiaires mais également une question de sécurité publique.

Ce cri d’alerte du syndicat pénitentiaire se fait à l’aube de la visite de la directrice interrégionale des services pénitentiaires de l’outre-mer, Muriel Guégan, qui devrait se rendre sur notre île la semaine prochaine. Le syndicat compte également se mobiliser contre la réforme des retraites et ils intégreront le cortège de Saint-Denis ce jeudi 5 décembre.

Laurence Gilibert

Source : Clicanoo

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